ISOTOP 400, LA REBELLE

de Julien Gabriels

 

 Genre : scénario fantastique

 Public : tout public

 Nb de pages : 258

Livre relié

Livre numérique

N° ISBN
2-7481-8686-9
N° ISBN
2-7481-8687-7
N° EAN 13
9782748186864
N° EAN 13
9782748186871
21,90 €
7,90 €

date de parution : 1er mars 2007

 

Paru

 

 

EXTRAITS DU LIVRE

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Le Manuscrit

 
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QUELQUES EXTRAITS DE

ISOTOP 400, LA REBELLE


 

 

 

 

Présentation

   

   Quelle idée ont eu Harry et Bob de dérober une voiture, surtout Isotop 400, prototype intelligent en cours de test, dont ils découvrent les capacités intellectuelles au cours de leur voyage vers Las Vegas.

   Afin de faire sensation auprès de Jane, une auto-stoppeuse, puis de son amie Carole, ils se font passer pour les créateurs, ce qui ne semble pas du goût de la capricieuse Isotop.

   Tandis que Steve, son concepteur, essaie de la reprendre en main, elle se vengera en retenant prisonniers les quatre jeunes qui n'en sortiront pas tous indemnes au cours de surprenantes aventures terrestres et d'insolites acrobaties aériennes.

 

Citation

Isotop 400 - Mais regarde-moi un peu cette gueule de con !… Le policier - Cette fois, j'ai bien entendu… Qui me traite de con ? !… Aucunes lèvres n'ont bougé… Qui parmi vous est ventriloque ?… Harry - Mais personne, monsieur… Je vous le jure… Le policier - Vous vous foutez de moi !… Pas de papiers… Descendez !… Isotop 400 - Il est furieux, le pépé !… Il aime pas qu'on parle de sa gueule !… Je le vois dans son regard, et j'entends sa voix courroucée… (Un temps) Et moi, je dis… Que personne ne sorte ! Isotop verrouille sur-le-champ toutes les portières. Le policier - Quelqu'un est ventriloque parmi vous, ça c'est sûr !… Ou cette voiture est diabolique !…

 

Un premier extrait   pages 23-24

    

Harry (soudain surpris) - Tu as vu tous ces cadrans !… En plus, c'est la tire d'un fêlé… le dingue du cadran !… Dans celle de mon vieux, y'en a juste deux, et ça suffit bien !… Mais regarde-moi tous ces machins !… On se croirait dans le cockpit d'un zinc !… Bob - Ils ne servent peut-être à rien… Harry - J'sais pas, mais, dans ce cas, c'est bien imité, car même les aiguilles tournent !… Bob - En tout cas, ce modèle, à l'extérieur, semble courant… T'as raison, un dingue du cadran, qui contrôle tout… qui sait, la pression des pneus, l'hygrométrie de l'air, la température extérieure, la position du soleil, le degré de salissure de la carrosserie, le verrouillage du capot avant, de la malle arrière… Harry (le coupant) - Et le pouls de ma grand-mère !… On s'en fout de ce que ça peut contrôler ou pas !… En tout cas, ça roule !… Et c'est le principal !… Ce soir, on sera à Las Vegas, c'est tout ce qui m'importe ! Bob - Si Dieu et les flics le veulent bien !… Harry - Pour les seconds, demande donc au premier… qu'ils ne se dérangent surtout pas !… Les routes sont si peu sûres par les temps qui courent !…

De temps à autre, ils se font doubler par des véhicules plus puissants, bien que roulant bon train. Tous deux jettent néanmoins un regard inquisiteur, bien vite rassuré quand les voitures disparaissent au loin.

 

Un second extrait   pages 36-37

 

Bob - Et le moteur !… Le moteur !… Où il a mis le moteur ? !… Harry - Sans doute sous la grosse saillie à l'avant, puisqu'il y a des couvercles qui se démontent…

Sur ces entrefaites, ils recommencent à comiquement tourner, inspectant les moindres recoins de l'automobile, cherchant la trappe de l'énergie. Ils finissent dépités, devant le capot, regardant, hébétés, ce coffre vide où fait juste saillie le monticule aux deux ouvertures fermées.

Harry - C'est ça, le moteur doit être là-dedans… Bob - Ça peut être que ça !… Et on n'a toujours pas trouvé où mettre de l'essence ou autre chose !… Harry - De toute façon, c'est pas un moteur ordinaire, ça !… Alors, ça doit pas rouler à l'ordinaire !… Bob - C'est pour cela qu'il n'y a pas de jauge !… Harry - J'ai une idée. Je vais démarrer. Tu vas écouter… On saura comme ça où est le moteur… C'est tout bête. Je ne vois pas pourquoi on n'y a pas pensé plus tôt.

Il se dirige vers le siège du conducteur, met en route la voiture, qui fait un bruit normal à l'intérieur, certaines aiguilles s'étant mises à bouger. Harry (par la portière) - Alors ?…

 

Un troisième extrait   pages 41-44

 

10 — POSTE DE POLICE - INTÉRIEUR - JOUR

Nous sommes au poste de police où Steve fait sa déposition. L'officier - On a dit… Ford Mustang rouge vif, en fait rouge torche comme ils l'appellent… L'un de mes amis a la même… Pas de signe distinctif extérieur ?… Steve - Rien de particulier. Ah, si… on ne voit pas de bouchon à essence. L'officier - Ah, vous l'avez planqué !… Vous avez bien raison ! Avec tous ces siphonneurs qui ont une façon particulière de passer à la pompe !… À part ça ?… Steve - Rien. L'officier - La carrosserie ?… Quel état ?… Éraflures… ou plus abîmée… Steve - En très bon état, polishée, sans la moindre égratignure. L'officier (avec humour) - On fera la sortie des chaînes des usines Ford pour en retrouver une semblable !… En général, celles que l'on récupère, le cas échéant, elles sont plutôt du style stock-car, si vous voyez ce que je veux dire !… Steve - Très bien. Mais Isotop 400 risque de ne pas aimer… L'officier - Qui est Isotop 400 ?… Le petit nom de votre bien-aimée ?… Étrange, comme surnom… Steve - Non… pas ma légitime… ma maîtresse… L'officier - C'est son prénom, Isotop… c'est pas courant… et 400… livres, c'est un peu trop, tour de… eh bien, mon ami, vous n'avez pas fini d'en faire le tour !… Steve - C'est ma voiture, celle qu'on m'a volée !… Ma maîtresse en quelque sorte, puisque je lui consacre tout mon temps libre… J'essaye d'entrevoir ses desseins les plus secrets, je lui parle, la caresse, je la forme, la conseille, lui murmure des mots doux, lui enseigne mes lois… L'officier - Et vous la baisez quand ?… Steve - Que vous êtes vulgaires dans la police !… On parle de philosophie de l'âme, et tout de suite vous ne vous bornez qu'à l'essentiel !… L'officier - Dois-je citer Isotop… combien déjà… dans le rapport ?… Steve - 400… Isotop 400… Ça signifie 400 règles… C'est un prototype camouflé. L'officier - Dois-je citer : “prototype camouflé” dans le rapport ?… Steve - Vous citez ce que vous voulez !… Je vais pas vous apprendre votre métier !… Je pense que “prototype” peut être bon, d'autant plus qu'il peut devenir dangereux, entre les mains de n'importe qui… L'officier - Ah… Pas en état… Dois-je déjà verbaliser, ou j'attends l'accident ?… Steve - Bien sûr qu'elle est en état !… Mais Isotop 400 est ma création, qui n'obéit, comme toute créature de rêve, qu'à son maître… À part ça, elle est en parfait état de fonctionnement, selon les décrets et lois en vigueur… Mais elle n'est encore, pour son développement intelligent, qu'au stade expérimental.

 

Un quatrième extrait   pages 54-56

 

Harry - Tu vois, mon vieux, on n'aura pas perdu notre temps !… Je te parlais de démerde… Non seulement, on avance sans se fatiguer, mais en plus on découvre la technologie de pointe !… Enfin, ce qui m'intrigue… ce sont tous ces cadrans… Bob (sirotant son coca) - Tu veux peut-être quelque chose à boire ?… T'as qu'à demander à la barmaid. Le service est irréprochable. Ce coca, à cette température… un délice ! Harry - Tiens, pourquoi pas une bière !… Isotop 400 - Vous conduisez, mon ami… Seules, les bières sans alcool sont autorisées… Si je peux vous conseiller, une bière non alcoolisée n'a pas la même finesse. Prenez donc un soda ou un jus de fruits ! Harry - Merde, mais c'est un flic, c'te bonne femme !… Si l'on ne peut pas boire ce qu'on veut, où l'on va ? !… Isotop 400 - Restez poli, jeune homme… Je ne vous insulte pas… J'agis pour votre santé, et le bien de tous… Alors, que désirez-vous boire ?… Harry - Va pour un jus de fruits ! Qu'est-ce qu'il y a ? Isotop 400 - Orange, pamplemousse, raisin. Harry - Pamplemousse. Isotop 400 - À quelle température ?… Harry - Je m'en fous. J'ai soif, c'est tout… Isotop 400 - Ce n'est pas une réponse. Veuillez être concis. Je vous ai demandé la température… Je vais vous aider… Tempéré, rafraîchi, frais ou glacé. Harry - Mais elle me pompe l'air c'te meuf !… Frais ! Vous êtes contente !… Isotop 400 - Je n'ai pas compris : “c'te meuf”… Veuillez préciser votre pensée… Pour le jus de pamplemousse frais, prière de patienter quelques instants.

 

Un cinquième extrait   pages 74-76

 

Steve - Je vais tâcher de vous expliquer. Primo, je n'ai pas bu… secundo, je ne suis pas daltonien… tertio, ma voiture est un peu spéciale… comme je vous l'ai déjà indiqué en faisant ma déclaration. Sa carrosserie est recouverte de cellules photosensibles… vous me suivez… si bien qu'elle peut changer de couleur, à son gré. L'officier - Vous voulez dire que vous pouvez lui faire changer de couleur !… Et c'est en option sur quel modèle, ça ?… Ça m'intéresse, pour épater mémère !… Steve - C'est pas encore sorti… C'est un prototype. L'officier - Mais dites-moi… si c'est ça… qui a pu lui faire modifier sa couleur sur la route… Steve - Personne. Elle peut décider elle-même. L'officier - Quand même pas la voiture !… C'est pas une personne, juste un tas de ferraille !… Steve - Toutes les voitures, oui… Pas Isotop 400… Vous comprenez un peu mieux maintenant… L'officier - J'ai du mal à vous suivre, mais je fais des efforts. Alors, votre Mustang rouge est devenue bleue… et elle peut passer grise… et pourquoi pas arc-en-ciel… Comment voulez-vous que je la retrouve !… Je ne peux quand même pas lancer un avis de recherche pour toutes les Mustangs circulant aux U.S.A. J'essaye de piger ce que vous me dites, mais les collègues vont me prendre pour un cinglé, au téléphone !… Steve - Si vous êtes persuasif… L'officier - Persuasif, persuasif !… Je voudrais vous y voir !… Tout le monde n'a pas mon quotient intellectuel pour admettre qu'une voiture peut modifier sa couleur comme bon lui semble !… Et à part changer de peau… que fait-elle encore ? Steve - Je n'en sais rien. J'avais pris huit jours pour l'essayer et tester l'intelligence artificielle que j'étais en train de lui inculquer dans ma société. Je n'en étais qu'au début. L'officier - Oh, on va peut-être un peu vite, là !… Qui vous dit que c'est votre Isotop, la bleue ? !… C'est probablement une Mustang, comme toutes les Mustangs… bleues, et de Californie. Ça se trouve quand même sur la route, ce genre de véhicules !… Et moi qui marche comme un seul homme, dans vos salades !… Steve - Croyez-moi, ce ne sont pas des salades, encore moins de la science-fiction… Je le sens que c'est ma voiture… Je ne sais comment vous exprimer cette impression… Il faut l'intercepter. De toute façon, il y avait bien deux jeunes gens à l'intérieur… C'est déjà un début de preuve. L'officier - Mince… il faut le reconnaître !… Il faudrait quand même repasser au bureau pour faire une nouvelle déposition sur cet engin… Je veux bien me mouiller, mais il me faut un dossier en béton !… Sinon, j'aurais l'air de quoi !…

 

Un sixième extrait   pages 114-126

     

30 • AUTOROUTE / ISOTOP 400 – INTÉ-RIEUR – JOUR On assiste alors à plusieurs tentatives d’Isotop 400 pour récupérer Bob. Finalement, il est hissé à l’intérieur de la voiture. La voiture redescend sur l’autoroute, derrière le camion. Les deux garçons et la fille sont à l’arrière. Isotop roule sur l’autoroute sans personne au volant, uniquement grâce à son pilote automa-tique. La Ford Mustang s’arrête bientôt sur une aire de repos. Les trois compères en profitent pour se dé-gourdir les jambes. Jane se rend aux toilettes. Harry – (À Bob) Tu prends le volant mainte-nant ?… Bob – Tu déconnes !… J’ai un ticket avec la mi-nette ! Harry – Écoute, tu as eu ta chance… Fallait pas, bêtement, la laisser échapper… C’est à mon tour maintenant !… D’ailleurs, c’est ce que l’on avait décidé. Tu avais l’honneur… et je repre-nais le flambeau ensuite… Bob – Et si je refuse ?… Harry – C’est ton droit, mais je ne reprends pas le volant, moi… D’ailleurs, on peut continuer à pied, comme au départ. Bob – Bon, bon… je suis bon joueur. O.K. je prends le volant. Harry – Et moi, je prends la nana !… Jane arrive… Bob s’est mis au volant. Jane – C’est Bob qui conduit à présent ?… Harry – Et moi, je monte à l’arrière… Jane – J’espère que t’es aussi sympa que ton co-pain, toi !… Et surtout, ne fais pas l’imprudent comme lui… Il n’y aura peut-être cette fois pas de paille !… Harry – T’inquiète pas !… Je viens de verrouiller le coffre. Il n’y aura pas d’interruption le moment venu… Avec Harry, pas de monotonie !… Jane – Quel moment venu ?… Harry – Celui que tu avais tout à l’heure avec Bob ! Jane – Ah, tu parles de ça !… C’est vrai qu’il est sympa, ton copain !… Et il est un peu mon genre… Toi, pas du tout, par contre… Harry – (Pour lui-même) Ça commence mal !… (Un temps) Tu te trompes… D’habitude, au-cune femme me résiste !… et je ne fais rien pour… Je suis souvent obligé de faire le tri. Jane – Tant mieux… Avec moi, t’auras pour une fois pas besoin de trier !… Harry – Tu vois, là, t’es dans l’erreur… car, pour moi, tu es une femme de rêve… la femme idéale… celle que l’on accroche au mur !… Jane – Parce qu’elles sont inaccessibles en géné-ral… Comme moi, en ce moment… alors, je te permets de m’accrocher au mur. Harry – Hé, tu te fous de moi, là, on dirait !… Elles sont inaccessibles, oui, parce qu’on les a pas en face de soi !… Sinon, on leur conterait fleu-rette !… Toi, c’est différent, tu es à côté de moi… alors… Il l’embrasse de force. Jane tente de résister, mais Harry est plus puissant qu’elle et la ren-verse sur le siège. On entend tout à coup un cri. Harry – Merde, mais elle m’a mordu !… T’es pas dingue ! (En colère, il lui donne une gifle). Bob – T’exagères Harry !… Si tu la frappes en-core, je m’arrête et te casse la gueule ! Harry – Ne te mêle pas de nos affaires !… C’est elle qui a commencé, d’abord !… Et c’est juste une petite claque d’amitié, n’est-ce pas ?… Jane, devant la menace de plus en plus pré-cise, se met à pleurer… Harry continue à l’embrasser dans le cou, sans qu’elle n’ose offrir cette fois la moindre résistance. Harry – Pleure pas… ça me coupe les moyens… Isotop 400 – (Pour elle-même) Ah, la paire de baffes !… Là, ça peut être un viol perpétré devant mes yeux qui risquent d’être outragés si je n’interviens pas… Tout d’abord, un peu d’intimité… ça met en confiance. Le rideau se baisse alors, isolant l’arrière de l’avant de la voiture. Harry continue à embrasser fougueusement Jane qui n’offre plus de résistance et paraît s’abandonner. Jane est couchée sur la banquette arrière baissée. Harry se redresse, se recule légèrement, la contemple, lui sourit et va se précipiter sur elle comme une bête… À ce moment-là, la banquette a un soubresaut et, Harry, ratant sa proie, va s’écraser contre l’arrière du coffre. Il se frotte la tête. Harry – Hé, Bob, fais attention !… Conduis pas comme un dingue !… Bob – Je conduis normalement. Jane – Tu t’es fait mal ?… Harry – C’est rien… (Murmurant pour lui-même) À nous deux, ma petite !… Puis il reprend l’offensive. Et rate encore sa cible… Cette fois-ci, c’est le siège entier, où était allongée Jane, qui est propulsé vers l’arrière du coffre, la voiture s’étant allongée pour la cir-constance démesurément. Harry va de nouveau s’écraser contre la tôle. Très en colère, Harry passe la tête à travers le rideau, engueule Bob… Harry – T’es con, ou quoi !… Ça fait deux fois que tu m’envoies dans le décor, alors que j’attaque !… Bob – Qu’est-ce que tu racontes ?!… Je roule calmement. La route est droite. Harry – C’est bizarre… Jane – Alors, qu’est-ce que tu fais ?… Harry – Tu vois, elle s’impatiente !… je les rends toutes dingues !… (À Jane) J’arrive, mon chou… Il se retourne aussitôt, bombe le torse, essaie de baisser la fermeture éclair de sa braguette. Il n’y arrive pas… Harry – Merde… merde… merde… c’est coincé ! Jane éclate de rire. Harry – Bon, bon… Il reste toujours les mains… On peut toujours flirter… Il veut se rejeter sur elle. Cette fois, un mou-vement violent le projette en l’air ; il se cogne la tête au plafond. Isotop 400 – (Pour elle-même) Là, j’y suis peut-être allée fort !… En effet, Harry s’affaisse complètement groggy. À présent, c’est au tour de Jane de pas-ser la tête vers l’avant. Jane – Il y avait un dos d’âne ?… Bob – Non, non, rien du tout… Pourquoi ?… Jane – Harry s’est cogné violemment la tête au plafond. Il est à moitié assommé. Bob – Comme ça, il ne te causera plus de mi-sères !… Il t’a pas fait mal au moins ?… C’est une brute, ce type !… Aucune classe… Jane – Pas comme toi… Elle s’avance et lui donne un baiser sur la joue. Bob est aux anges. CUT 31 • LAS VEGAS / ISOTOP 400 – INTÉ-RIEUR – NUIT La nuit est déjà tombée quand la Ford Mus-tang arrive dans les faubourgs de Las Vegas. Jane, à l’arrière, s’est assoupie dans les bras de Bob, Harry ayant repris le volant. Harry – Bob, réveille Jane pour savoir où on la dé-pose… Celle-ci, somnolant, ayant entendu, relève la tête. Jane – Je n’en sais rien. Je connais pas Las Vegas. J’ai juste l’adresse de ma copine, et celle du ca-sino où elle travaille. Harry – Il faut trouver un plan quelque part alors… Jane – J’ai !… J’ai un plan de la ville… Mon amie Carole en a mis un dans sa dernière lettre dans laquelle elle me disait de venir la rejoindre. Je le cherche… Attendez !… Elle fouille dans son sac. Harry – Veux-tu qu’on te dépose à l’adresse même, ou on te laisse à une station de bus ?… Jane – Et vous, qu’est-ce que vous allez faire ?… Harry – On va déjà tâcher de se trouver un coin pour pieuter !… À moins qu’on garde la voi-ture !… Jane – Que vous gardiez la voiture !… Harry – (Se reprenant, ne voulant pas éveiller de soupçons) Je veux dire… Qu’on dorme de-dans… Ça nous fera économiser une chambre d’hôtel, hein, Bob ?… Bob – C’est faisable. Il ne fait pas froid en ce moment. Harry – Mais avant ça, on va aller traîner un peu… Alors, on te dépose où ?… Jane – Si ça ne vous ennuie pas d’aller jusqu’au casino de ma copine… Et puis j’peux vous la présenter… et si vous voulez courir les casinos, vous pouvez toujours commencer par celui-là… Comme ça, on pourra rester ensemble en-core quelques moments… O.K. ? Bob – O.K. Qu’en penses-tu Harry ?… C’est une bonne idée. Harry – Ça peut être une idée, en effet… Elle est comment votre copine ?… Jane – Je suppose que tu veux parler de son phy-sique… Pas mal… Très différente de moi, avec beaucoup de charme et de gentillesse. Bob – Et que fait-elle dans cette tôle ?… Jane – Elle chante. On a déjà fait plusieurs fois un duo ensemble. C’est pourquoi elle veut me pré-senter à son directeur qui l’a prise en sympa-thie… Avec un peu de chance, on arrivera avant son tour de chant. On les voit circuler dans Las Vegas, plan en main, et finalement stationner à proximité du casino. CUT

Un septième extrait   pages 160-163

       

Le directeur – Je vous ai fait venir, car nous nous demandions avec Frank s’il ne serait pas possible de recontacter vous-même votre voiture, sur une fréquence donnée, par exemple, par la radio, si les voleurs la mettent en marche. Steve – Justement, j’étais en train de me poser la même question et d’y réfléchir… Comment peut-on intéresser Isotop à une émission de radio ?… Pour un prochain prototype, ce serait intéressant d’envisager la chose. Pour Isotop 400, c’est exclu… Je ne dis pas qu’un matraquage sur les différentes ondes accessibles, en interpellant Isotop de façon répétitive, n’aurait pas d’impact du tout… Le plus fort impact serait malheureusement celui de la presse et des médias qui risquent d’être intrigués, mais je ne peux pas certifier qu’Isotop réagirait dans le sens que nous souhaiterions… On risque d’être dans l’inconnu le plus total. Et il faudrait avoir l’autorisation des radios pour passer un message loufoque, il faut bien le dire… Mais à l’avenir, on pourrait envisager une longueur d’onde préférentielle, avec un message codé, pouvant être décodé par la voiture elle-même. Le directeur – (S’adressant à Frank Kurtz) Un crac, ce Steve !… Un trésor pour notre compagnie !… Frank Kurtz – Nous avons demandé un avis de recherche générale à toutes les polices fédérales… Nous nous demandions comment lancer nos propres investigations au niveau de la société, sans que ce soit une pure perte de temps pour nous, avec les sacrifices financiers qui s’imposent… Steve – Pour moi, le plus simple, ce serait d’attendre une quelconque manifestation d’Isotop… Comment le saurons-nous… En lisant les journaux, écoutant les médias… à la suite du moindre signe… bizarre ou inexpliqué… qui pourra, peut-être, être dû à Isotop elle-même ou tout au moins à sa présence. Je pense qu’en investiguant à ce moment-là et dans un délai fort bref, avec un maximum de moyens et de personnes, nous pourrions retrouver sa piste. Frank Kurtz – Excellente idée !… Qu’en pensez-vous Lawrence ?… Le directeur (Lawrence) – Je pense que nous n’avons guère d’autre choix pour le moment… Alors attendons, comme le suggère Steve… Frank Kurtz – Pouvez-vous vous charger de recueillir les éventuelles informations, Steve ?… Pour le moment, il vaut mieux que personne ici ne connaisse cette histoire… En avez-vous déjà parlé à quelqu’un ?… Steve – Juste à Phillip Jaffe. C’est un collègue, mais surtout ami, qui sait tenir sa langue, surtout pour ce genre de situation épineuse.

 

Un huitième extrait   pages 213-219

     

52 • CALIFORNIE / VOITURE DE STEVE – INTÉRIEUR – JOUR Steve et Phillip ont continué leur route vaille que vaille. Le halo lumineux s’est dissipé au fil du temps. Phillip – Où est-elle passée ?… Steve – Va savoir… Je crois que là, il est grand temps de prévenir les autres !… La partie va être de taille !… Phillip saisit l’émetteur précédemment distri-bué et alerte les autres voitures de la compagnie. Phillip – Appel à toutes les voitures de la société !… Isotop 400 identifiée sur la route de San Ber-nardino. Prière à toutes les voitures de vous di-riger dans le secteur comme convenu !… Peu à peu arrivent des confirmations de ré-ception. L’une des voitures – Peterson… Reçu cinq sur cinq !… Bravo les gars !… Une autre – Wagner et Finch… On est à deux cents bornes… Comptez sur nous, mais pas trop tôt !… Une autre encore – On arrive !… Une autre – Vous voulez du renfort, si je comprends bien !… Quelques problèmes ?… Phillip – Non… Juste les ordres du patron… Il ferme alors la réception du poste quelques instants. Phillip – Je crois que ce n’est pas la peine de les af-foler… Tels que je les connais, ils risquent de se dégonfler !… Steve – Je pense que tu as raison… Mais où elle est cette voiture ?… (Regardant soudain dans les rétroviseurs) Merde ! c’est elle derrière… elle nous suit !… Regarde !… Phillip se retourne. Phillip – J’ai bien peur que oui… Isotop se rapproche vivement de la voiture de Steve, la percute par derrière, jouant au stock-car. Isotop 400 – Et un petit coup de pousse-pousse… c’est bidonnant, hein !… Tenez-vous bien !… Tiens, mais c’est Steve !… Que fait-il par ici ?… Tous ensemble – Steve !… Isotop 400 – Steve Mellony, le père de ma mémoire et de mon intelligence… Dilemme ! Pousse-pousse ou pas pousse-pousse ?… Harry – Pousse-pousse !… (Marmonnant entre ses dents) Bien fait pour lui !… Carole – Pousse-pousse, c’est rigolo finalement !… Bob – Pas pousse-pousse, Isotop… Tu vas abî-mer ton avant-train. Isotop 400 – Aucun risque !… J’ai ce qu’il faut !… Sur ce, de volumineux pare-chocs se gonflent et sortent de la carrosserie vers l’avant, agissant comme des tampons. Isotop 400 – Débat démocratique… Deux contre un… Donc pousse-pousse !… Un violent coup propulse en avant la voiture de Steve, lui faisant presque perdre le contrôle du véhicule. Phillip – Mais ils sont tarés !… Steve – Elle est tarée !… Ce n’est certainement pas le chauffeur qui a eu cette initiative… Je suis sûr que cette voiture est maintenant totalement autonome et se comporte comme une personne atteinte de folie, qui peut dégénérer, devenant plus dangereuse encore… Phillip – Beau travail, en effet !… Steve – Excellent travail !… Succès absolu… Pour moi, c’est le renvoi assuré !… l’échec du créa-teur lors de la phase la plus difficile… la mise au point de son produit… Un nouveau coup vient bousculer l’automobile. Phillip – Et elle, derrière ?… Que faire ?… Steve – Qu’elle fasse sa vie… Si elle veut s’amuser, qu’elle s’amuse !… Ça lui passera avec le temps !… En effet, Isotop vient brusquement de s’arrêter de jouer. Elle roule à présent calme-ment, et Harry, toujours au volant, a soudain la sensation qu’il tient de nouveau un volant entre ses mains et qu’il contrôle la voiture. Harry – Ça va mieux… Je pilote de nouveau… On va s’arrêter. La voiture ralentit et s’immobilise sur le bord de la route. Carole – J’en peux plus !… Je descends et je conti-nue à pied… Isotop 400 – Qui parle de descendre !… Vous n’êtes pas bien en ma compagnie ?… Les trois – (Presque ensemble) Oh si !… Isotop 400 – À la bonne heure ! Carole – Mais nous aurions besoin de descendre pour un petit… comment dirais-je… c’est comme vous, la vidange… si vous voyez ce que je veux dire… Isotop 400 – Pour prendre la poudre d’escampette !… Carole – Que vas-tu chercher là, Isotop !… Isotop 400 – Les femmes sont perfides… c’est bien connu !… Carole – Si tu le dis… Isotop 400 – Si je le dis, c’est que c’est vrai !… Carole – Dans ce cas…

 

 


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