STRATAGÈME

HORS LA LOI

de Julien Gabriels

 

 Genre : thriller fantastique

 Public : tout public

 Nb de pages : 317

 

Livre relié

Livre numérique

N° ISBN
2-7481-9222-2

N° ISBN
2-7481-9223-0

EAN 13
9782748192223
N° EAN 13
9282748192230
23,90 €
7,90 €

date de parution : 30 juin 2007

 

Paru

 

 

EXTRAITS DU LIVRE

Paru aux Editions

Le Manuscrit

 
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QUELQUES EXTRAITS DE

STRATAGÈME HORS LA LOI


 

 

 

Texte respectant la réforme de l'orthographe.

Présentation
La mission de Barbara, Pierre et William : récupérer une cassette dans une Lincoln dont on a commandé l'explosion à distance. Les trois protagonistes vont servir de champ d'expérimentation à Ralph Olson, membre de la CIA, qui met en œuvre un stratagème illégal afin de combattre le terrorisme. À Paris, André Noilou, sous deux identités, tente de résoudre l'énigme de l'attentat, qui le conduit en Angleterre, jusqu'au manoir d'Olson. La découverte du contenu mystérieux de la cassette le mène sur une nouvelle piste.
Citation

" – Oui, Barbara… Et alors !… Le texte n'en disait guère plus. Subitement, tout devenait confus dans la tête de Jean… Barbara n'était-elle pas un agent à la solde d'Olson ? Sur l'heure, pour en avoir le cœur net, il lui posa la question… – Si l'on veut…, déclara-t-il. Remarquez, on ne lui a pas demandé son avis ! Nul ne sut ce qui se passa à ce moment dans la substance grise d'André Noilou…, mais alors que tout se brouillait, la lumière se fit … et, comme par enchantement, tout s'éclaira… – Mais c'est diabolique !… cria-t-il. Mais l'avion ? !… – On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs, monsieur Noilou !… L'expérimentation dans la vie est nécessaire…, reprit-il après un laps de temps en le regardant au fond des yeux. La destinée existe aussi… "

 

Un premier extrait  début du roman / pages 9-11
 

I

 

    Dans les enceintes acoustiques de la Renault Twingo, gris bleuté, le carillon venait de retentir. Le speakeur susurrait déjà un premier commentaire laconique, égrenant une à une les catastrophes de la nuit.
    Barbara, elle, s'en moquait royalement de ces exhalaisons de la planète… Elle fit une moue de mauvaise humeur et coupa tout simplement le son. Elle approchait de sa destination et son unique préoccupation était de trouver une place libre pour garer son véhicule. Elle semblait nerveuse. Pour calmer son appréhension, elle porta à ses lèvres une Lucky extraite d'un fin étui. Elle l'alluma, en aspira une grosse bouffée qui embruma peu après l'habitacle. Ayant enfin dégoté un endroit pour stationner, elle coupa le moteur et enténébra une dernière fois les similis cuirs.
   Elle eut dès lors, sur sa toilette, une ultime hésitation, abaissa le pare-soleil afin de s'assurer, dans le miroir au dos, que son allure reflétait bien son moi, tout au moins celui qu'elle voulait, ce matin, laisser transparaitre… Mais il n'en était rien. Aussi se remit-elle un peu de rouge, affina-t-elle son maquillage fait, ce matin, en toute hâte. Au moment où elle se sentit quasi en harmonie, elle osa une jambe dehors, joliment moulée dans un bas en voile émergeant d'un escarpin couleur olive. L'esthétique était parfaite…, enfin presque. Car à peine déambulait-elle sur le trottoir que l'on se retournait sur son passage… quand elle aurait tant aimé l'anonymat ! Son nez la chatouillait – les premiers pollens vraisemblablement. Se le frotter lui fit une impression désagréable. Alors elle s'aperçut qu'elle l'avait déjà oublié cet horrible pansement sur le visage !… Elle s'y était finalement faite au point de ne plus le voir, même en se maquillant. C'était probablement ce qui intriguait les passants…, de quoi la rassurer et l'inquiéter tout à la fois. Mais quelle bonne idée ils avaient eue là ! Avec ce placard sur la figure, elle était méconnaissable, sans doute remarquée, mais pas reconnue !…
    Elle accéléra le pas, car ces regards curieux néanmoins l'embarrassaient. Elle se dirigea vers des bungalows qui servaient de bureaux à une société de location de véhicules. Elle avait besoin d'un camping-car d'un modèle courant, voire le plus courant, d'une couleur commune, aux vitres teintées si possible, bref, un style de véhicule qui ne se ferait pas remarquer.
    Elle entra dans la salle où se trouvait le guichet de réception et, comme précédemment, fit se détourner quelques regards.
    Brunette, de taille moyenne, probablement jolie, svelte et fine, elle portait élégamment ce matin un ensemble robe plus veste, tout à fait bon chic bon genre, hanche ceinturée, boucles d'oreilles et escarpins assortis.
    Pour se donner quelque contenance, elle saisit des prospectus sur le présentoir en altuglas et, à l'écart, en attendant son tour, se plongeait aussitôt dans une lecture assidue de tout ce qui pouvait être loué dans l'agence. Elle sursauta quand l'employé lui demanda ce qu'elle désirait…
     – Je voudrais louer un camping-car pour une semaine…
     – Combien de places ?
     – Quatre, répondit-elle.
    L'homme s'était retourné pour attraper les formulaires appropriés. Puis il réclama une justification de domicile, une pièce d'identité et une carte de crédit.
     – American Express ou carte bleue Visa ?… Laquelle préférez-vous ?… dit-elle en fouillant dans son sac à main.

 

Un second extrait  pages 23-25

 

     – Vous avez fait du beau travail…, dit l'un. Je vous félicite…
    C'était le plus âgé qui s'était ainsi exprimé. Sa chevelure poivre et sel le désignait comme étant probablement Olson, Ralph Olson. Il ressemblait tant à la description qu'on avait faite à Barbara de ce monsieur. Mais c'était la première fois qu'elle le voyait en chair et en os et cela lui faisait comme un choc : quelle prestance, le bonhomme ! Elle allait le détailler quand il reprit :
     – Les nouvelles vont vite… On recherche déjà la Cadillac dans tout Paris.
Il éclata d'un rire franc.
     – Pas mal ma voiture, hein ! Amusant ! Et terriblement efficace, en fait !…
    Ils s'étaient rejoints et se congratulaient. Olson avouait haut et fort qu'il pouvait être fier de lui…
    Il avait d'ailleurs largement distribué de chaleureuses poignées de main à chacun d'entre eux, voulant par ce geste d'ores et déjà les remercier. Il tapait amicalement dans le dos de Pierre comme pour le complimenter à sa façon. Il leur conseilla de rentrer : il ne faisait pas chaud et quelqu'un pourrait les voir. Plus on était discret, mieux on se portait. Il leur annonça un repos de quelques heures, de quoi récupérer un peu.
Ils cheminèrent bientôt en silence, les nouveaux venus appréciant déjà l'imposante bâtisse qui fermait l'horizon. Ils croisèrent le jardinier au volant de son engin et, par politesse, Barbara, Pierre et William lui firent un signe de tête.
    Le gars accompagnant Olson depuis le début n'avait soufflé mot. Mais on pressentait qu'il devait être un important maillon du dispositif. De temps à autre, Monsieur Olson échangeait avec lui un regard discret et l'on sentait, chez les deux hommes, une étrange complicité.
    Ils parvinrent au perron.
    D'un pas alerte, montrant l'exemple, Olson grimpa le premier les quelques marches. À sa suite, tous pénétrèrent dans la demeure de maitre.
    Ils se retrouvèrent dans un vestibule à la lumière drapée. Une douce clarté filtrait par des vitraux aux scènes allégoriques. C'était d'emblée ce qui avait accroché l'œil de Barbara. Avec tact et délicatesse, elle talonnait ses hôtes, mais rien alentour ne lui échappait.
    Monsieur Olson, tout en ôtant son imperméable, s'en était rendu compte et lui demanda si elle aimait les vitraux. Elle lui répondit que, ma foi, elle s'y intéressait. Il entra dans une longue explication. Ils n'étaient pas d'origine, affirmait-il.

 

Un troisième extrait  (pages 50-51)
 

II

 

    

    John Dowell venait de garer son cabriolet sur le parking de la clinique où exerçait le docteur Bernstein. Il était accompagné de William.
    Tous deux se dirigèrent vers la réception. Puis ils prirent l'ascenseur au fond du couloir pour se rendre au troisième étage. Là, ils s'adressèrent à l'infirmière de service. Avaient-ils seulement pris rendez-vous ? demanda-t-elle. John lui exposa que le docteur Bernstein était au courant, et la pria de lui annoncer l'arrivée de monsieur William Corvanosky. Le docteur était en consultation. Aussi leur conseilla-t-elle de s'asseoir quelques minutes, car ils devraient attendre un peu ; mais ce ne pouvait être long.
    John avait bien envie de s'en griller une. Il interrogea du regard William. Pensait-il que l'on pût fumer ?… Willi n'en savait rien, mais apparemment aucun panneau ne l'interdisait. À peine John avait-il allumé une cigarette que l'infirmière la lui faisait éteindre. Le cendrier à proximité l'avait induit en erreur, et il s'en excusait. Les murs venaient d'être repeints, déclara la femme en blanc, et les interdictions n'avaient pas encore été réinstallées. Le cendrier se trouvait justement ici pour éteindre cigarettes ou cigares. En réalité, John avait plus besoin de passer ses nerfs qu'une envie de nicotine. Mais il n'eut pas à se priver longtemps, le docteur Bernstein se présentait à l'extrémité du corridor. En fait, ce ne pouvait être que lui, car il les interpellait déjà. John lui présenta William Corvanosky. " Je suis au courant, monsieur Dowell, dit-il. Le docteur Cresburg m'a appelé tout à l'heure de Londres. Nous pensons en effet qu'il est utile d'examiner monsieur Corvanosky ainsi que ses collègues ". Il leur annonça d'ailleurs que des confrères allaient s'occuper de ces derniers, respectivement à Manhattan et à Santa Monica.
    Il pria ensuite William de le suivre pour l'examen, et conseillait à John Dowell de l'attendre dans son bureau. John lui fit remarquer qu'il pourrait tout aussi bien patienter dans le couloir, mais le docteur insista.

 

Un quatrième extrait (pages 63-64)
 

III

 

    

    Trop occupée à trouver son chemin dans un aéroport gigantesque, elle ne s'était pas aperçue qu'une jeune femme, à l'allure discrète, l'observait avec insistance. Cette dernière dissimulait à l'intérieur d'un bestseller américain une photo d'identité en noir et blanc qu'elle tentait de comparer vaille que vaille avec un vivant portrait égaré dans les couloirs sans fin de l'aérogare de Los Angeles International. Barbara, après maintes hésitations, s'était décidée à suivre d'autres voyageurs qui, eux, ne devaient pas être, dans cette agglomération tentaculaire, à leur premier séjour.
    Comme Barbara allait disparaitre dans une foule cosmopolite et pressée, la personne qui la filait accéléra le pas pour essayer de la rattraper. Lorsqu'elle fut à sa portée, elle prit le parti de l'apostropher :
     Vous êtes bien Barbara Brémont, n'est-ce pas ?
     Sur le coup, Barbara s'avéra surprise, personne ne l'avait avertie qu'on l'attendrait à Los Angeles. Ralph Olson y était même allé de quelques recommandations avant qu'elle ne s'envolât, bien qu'elle parlât suffisamment l'anglais pour avoir besoin d'un chaperon.
     Ne soyez pas étonnée, dit-elle. Je m'appelle Olga… Olga Kenneth… J'ai charge de vous piloter et de vous aider dans Los Angeles.
    Barbara connaissait un peu les États-Unis. Elle avait résidé quelque temps à New York, puis en Floride et dans l'Utah, à Salt Lake City, mais jamais encore en Californie. Mais Olga ne le savait pas.

 

Un cinquième extrait (pages 77-78)
 

IV

 

     

    Tout à coup s'entrouvrit la porte. Olson regarda par-dessus ses lunettes. Ted avait fait irruption dans la pièce.
     Monsieur Olson, dit-il… J'ai des nouvelles des U.S.A.
     Ah ! Bien !… répliqua Ralph.
    Lequel s'intéressa soudain au ronflement du moteur quatre temps qui couvrait le frémissement de la nature. Est-ce que le jardinier tondait les pelouses ? !… Elles n'en avaient pourtant guère besoin, pensait-il. Ted lui apprit qu'on annonçait de la pluie pour une huitaine. Aussi l'homme aux doigts verts préférait-il prendre les devants. Quand la pousse était excessive, le matériel fatiguait. Dans le fond, Olson approuvait cette initiative.
    Mais il parut tout à coup se souvenir de l'arrivée impromptue de Ted, il se leva de son fauteuil faisant par le fait apparaitre une sculpture rocaille –, posa le volume en ne manquant pas d'y mettre un signet.
     Au fait, ces nouvelles ?… interrogea-t-il.
     Elles sont relativement bonnes… William loge chez une inconnue, comme on le lui avait demandé. Nous avons d'ores et déjà pris quelques renseignements sur elle… Elle est blonde, élancée, jolie, un peu vamp peut-être… Voulez-vous voir sa photo ? On me l'a envoyée par mail.
    Olson proposa d'y jeter les yeux plus tard. Cela ne pressait pas. En revanche, il semblait impatient de savoir ce que les autres protagonistes étaient devenus. Ted lui communiqua que Pierre se trouvait bien dans l'appartement de la 46th Street et que Barbara logeait chez Olga Kenneth à Santa Monica. Ils étaient désormais bien intégrés à la vie américaine.
     Un beau réseau que nous avons là ! s'exclama-t-il. Au fait, quelle heure se fait-il, Ted ? J'ai dû laisser ma montre dans la salle de bain.

 

Un sixième extrait   pages 107-109
 

V

 

    L'un des serveurs s'approcha et commença de plaisanter avec John :
     Comme d'habitude, le cocktail de la maison pour ces ravissantes demoiselles, dit-il en français. Une " dinde sauvage " pour toi… et un diet coke pour notre artiste.
    Était-ce son habitude de parler français avec eux ou se serait-il aperçu que Barbara, à sa façon d'être, ne pouvait être une autochtone.
     Oh ! pas si vite, qu'est-ce qu'il y a dans votre cocktail ? !… demanda-t-elle.
     Tout ce qu'une dame sait apprécier… et de la malice, en plus. Jusqu'à présent, aucune n'a détesté, bien au contraire !… Vous seriez la première, et quand je regarde vos jolis yeux, j'en serais le premier confondu.
    Il s'en retourna sur-le-champ, ne permettant d'autre alternative. Elles n'eurent pas même le temps de faire visuellement connaissance avec l'endroit que le garçon était de retour. Il déposa les alcools au centre de la table, sans se soucier de l'exacte commande, si bien que Barbara se retrouva avec un Bourbon devant elle. Elle allait presque lui en faire la remarque quand elle entendit le serveur s'exclamer : " tournicoti, tournicota ! ". L'intérieur de la structure de plastique se mit en rotation et les verres comme par miracle se positionnèrent différemment. Puis le plateau s'arrêta. Chacun trouva sa consommation en face de lui ou d'elle. Barbara n'en croyait pas ses yeux. Pour une fois le hasard avait bien fait les choses, mais était-ce seulement le hasard ? !…
     Vous m'en direz des nouvelles !… dit le serveur avant de s'éloigner.
    Ensemble, Olga et Barbara trempèrent leurs lèvres dans le fameux cocktail. Aussitôt, le plancher se déroba sous leurs pieds, les entrainant peu à peu dans une autre salle. Les jeunes femmes se demandaient si l'effet de la mixture n'était pas instantané !
    Le temps de se ressaisir, elles se retrouvèrent dans un nouveau décor, dans une semi-pénombre. Le sol s'était immobilisé ; au fond de la pièce avait lieu un spectacle.
     Étonnant, hein, ce breuvage !… s'exclama John. Ça vous donne des hallucinations !…
    Barbara s'interrogeait. Était-elle tombée dans l'un de ces traquenards qui vous conduisaient dans des antres que vous préfériez ne connaître qu'à travers l'imagination fertile de romanciers ? ! Elle dévisagea Olga, comme pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas, mais lut dans son regard la même interrogation. Lorsque leurs prunelles se furent enfin adaptées à l'ambiance lumineuse, les jeunes femmes découvrirent autour d'elles la même présence, cela parut les rassurer. John et Michael devaient être de joyeux lurons.
     Qu'en pensez-vous ?… questionna Michael. Je vous l'avais bien dit…, bizarre !…
     Ma foi, on serait surpris pour moins ! répondit Barbara.

 

Un septième extrait   pages 204-207
 

X

 

    

    Sa femme descendue de voiture, André mit le cap sur la banlieue nord. Tout en se dirigeant vers Saint-Denis, il s'interrogeait. Devait-il appeler son ami Luc aux Renseignements généraux plutôt que prévenir directement son patron…, après tout cela ne mangeait pas de pain de s'assurer à la fois les avis éclairés de Luc et de Henri Mortier, personnes dont il ne mettait en doute l'intégrité et l'amitié sincère.
    Presque arrivé à destination, il s'était engagé dans une étroite allée. Il y roulait à présent au pas entre deux blocs d'immeubles.
    Ce fut alors qu'un ballon de football heurta le parebrise y laissant une marque terreuse ramenant Noilou à la réalité du moment. Furieux, il s'arrêta pour nettoyer la vitre, car les essuie-glaces mis en marche aussitôt n'avaient fait qu'accentuer la saleté. Des trainées noirâtres dégoulinaient vers le capot et il n'y voyait plus du tout. Ce n'était guère dans son habitude de montrer sa mauvaise humeur, mais pas un seul individu n'était venu s'excuser… Des rires moqueurs l'avaient en revanche atteint de plein fouet. Il s'avança avec courage sur un semblant de pelouse en direction des joueurs pour quelques explications, lesquels footballeurs en restaient interdits…
     Hé ! À qui est ce ballon ? interrogea-t-il.
Personne ne répondit. Dès lors reprit-il la question sur un ton plus menaçant :
     Ho ! Vous êtes sourds… ou vous ne comprenez pas le français ? !… À qui est cette balle, nom de Dieu ? !
    Il avait continué d'avancer. Les adolescents prirent peur et, tel un troupeau effarouché, détalèrent sans demander leur reste. Il les aurait bien poursuivis, mais qui poursuivre et à quoi bon ! Aussi ne lui restait-il qu'à les regarder galoper et s'évanouir aux alentours. Soudain, une terrifiante explosion accentua la foulée des gosses, comme s'ils avaient été pris d'une panique irraisonnée. Il se retourna brusquement en direction de la détonation…
    Ce qu'il vit alors le laissa hébété, sidéré, quelques minutes durant. Sa voiture, à peine quittée, était la proie de flammes gigantesques qui, en un rien de temps, la dévorèrent. Lorsqu'il se rendit compte de sa chance inouïe, une sueur froide perla sur un corps tétanisé par l'émotion.
     Que faire ? !… Jeter un regard derrière lui serait sans doute de trop !… Il préféra filer et déguerpir au plus vite de ce lieu maudit. Peu lui importait de salir ses mocassins en chevreau sur le terrain détrempé par les récents orages ou le profil bas qu'il prenait en cet instant. Fuir !… Fuir !… Fuir !… Il ne pensait qu'à ça !…
    Au moment où il atteignait une route inespérée, un taxi y déposait une dame aux cheveux argentés et d'un âge avancé. À en perdre haleine, il courut vers le providentiel et salutaire véhicule, demanda bientôt au chauffeur de l'emmener à Paris… Notre-Dame plus exactement.
     Quelle belle journée, après les pluies de ces derniers jours ! entama le conducteur.
     N'est-ce pas…, répondit gentiment André Noilou.
    Celui-ci s'apercevait bien que le gars avait envie de faire un brin de causette, mais le cœur n'y était pas ! Aussi, pour éviter le dialogue, André sortit un calepin de la poche de son blouson de cuir et y jeta quelques réflexions de dernière minute. Le chauffeur l'observa quelques instants dans son rétroviseur puis le voyant si absorbé n'osa plus le déranger.

 

Un huitième extrait   pages 281-283
 

XV

 

     …

    Le téléphone s'était mis à sonner. Le commissaire, d'un geste assuré, venait de décrocher. Blanchaud s'entretint quelques instants avec son interlocuteur et, soudain, fit un signe discret tout en branchant le haut-parleur du poste afin que Jean entendît la conversation.
    Une voix d'homme, claire et posée, annonçait :
     Je vous lis ce que m'ont envoyé les Renseignements généraux. La femme, d'après nos photos, a été parfaitement identifiée…, elle se fait appeler Barbara Brémont née Caroline Gaspéri, célibataire. Se fait connaitre en fac de lettres comme extrémist, et comme meneuse… Passe semble-t-il, sans problèmes de conscience, de l'extrême gauche à la droite, en fonction de l'homme avec lequel elle partage sa vie du moment ! N'a fait l'objet ces dernières années d'aucun soin particulier… Se serait apparemment rangée.
    Et l'homme continuait…
     Quant au passager de l'avion, comme vous nous l'avez demandé…, on a pu l'identifier d'après les témoignages de Jeanne Noilou, surtout par quelques accessoires, notamment ses lunettes - qu'il aimait fantaisie et ce, depuis de longue date -, même s'il ne les portait pas tout le temps…, probablement aussi des lentilles de temps en temps… William Corvanosky, en fait Louis Lekersec. Lui, en revanche, est connu de leurs services pour ses nombreux voyages au Moyen-Orient et en Extrême-Orient. Ils avaient pensé un moment à un trafic de drogue mais sans pouvoir le certifier… Aujourd'hui leur thèse semblerait plus s'orienter vers le terrorisme, mais sans actions réellement signées par lui ou son proche entourage. Tout ce qu'ils savent, c'est que Corvanosky fréquente des réseaux internationaux plus ou moins liés à des actes terroristes dans le monde…, des réseaux divers et variés… Voilà. C'est tout.
    Blanchaud le remercia et lui demanda d'envoyer, à son intention, tous ces précieux renseignements. Puis il raccrocha.
     Voilà du bel ouvrage ! s'exclama Jean. Qu'est-ce que je vous avais dit !…
    Le divisionnaire reconnaissait bien ici son André. Enfin l'enquête allait pouvoir démarrer pour de bon ! Ils avaient dorénavant du pain sur la planche !… Tout d'abord, il fallait faire surveiller de près cette Barbara. Elle les mènerait assurément quelque part !…
     Et si je la filais, moi ? !… déclarait Jean. Je ne vais quand même pas rester sans rien faire ! Après tout, c'est mon enquête !

 

 


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