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Texte respectant la réforme de l'orthographe.
| Présentation |
La
mission de Barbara, Pierre et William : récupérer une
cassette dans une Lincoln dont on a commandé l'explosion à
distance. Les trois protagonistes vont servir de champ d'expérimentation
à Ralph Olson, membre de la CIA, qui met en uvre un stratagème
illégal afin de combattre le terrorisme. À Paris, André
Noilou, sous deux identités, tente de résoudre l'énigme
de l'attentat, qui le conduit en Angleterre, jusqu'au manoir d'Olson.
La découverte du contenu mystérieux de la cassette le
mène sur une nouvelle piste. |
| Citation |
|
"
Oui, Barbara
Et alors !
Le texte n'en disait guère plus. Subitement, tout devenait
confus dans la tête de Jean
Barbara n'était-elle
pas un agent à la solde d'Olson ? Sur l'heure, pour en avoir
le cur net, il lui posa la question
Si l'on veut
,
déclara-t-il. Remarquez, on ne lui a pas demandé son avis ! Nul
ne sut ce qui se passa à ce moment dans la substance grise d'André
Noilou
, mais alors que tout se brouillait, la lumière
se fit
et, comme par enchantement, tout s'éclaira
Mais c'est diabolique !
cria-t-il. Mais l'avion ? !
On ne fait pas d'omelette sans casser des ufs, monsieur
Noilou !
L'expérimentation dans la vie est nécessaire
,
reprit-il après un laps de temps en le regardant au fond
des yeux. La destinée existe aussi
"
|
| Un
premier extrait début
du roman / pages 9-11 |
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Dans
les enceintes acoustiques de la Renault Twingo, gris bleuté, le carillon venait
de retentir. Le speakeur susurrait déjà
un premier commentaire laconique, égrenant
une à une les catastrophes de la nuit.
Barbara,
elle, s'en moquait royalement de ces exhalaisons de la planète
Elle fit une moue de mauvaise humeur et coupa tout simplement le
son. Elle approchait de sa destination et son unique préoccupation
était de trouver une place libre pour garer son véhicule. Elle semblait
nerveuse. Pour calmer son appréhension, elle porta à
ses lèvres une Lucky extraite d'un fin étui. Elle
l'alluma, en aspira une grosse bouffée qui embruma peu après
l'habitacle. Ayant enfin dégoté un endroit pour stationner, elle coupa
le moteur et enténébra une dernière fois les
similis cuirs.
Elle eut dès lors, sur sa toilette, une ultime
hésitation, abaissa le pare-soleil afin de s'assurer, dans
le miroir au dos, que son allure reflétait bien son moi,
tout au moins celui qu'elle voulait, ce matin, laisser
transparaitre
Mais il n'en était rien. Aussi
se remit-elle un peu de rouge, affina-t-elle son maquillage fait,
ce matin, en toute hâte. Au moment où elle se sentit quasi en harmonie,
elle osa une jambe dehors, joliment moulée dans
un bas en voile émergeant d'un escarpin couleur olive. L'esthétique
était parfaite
, enfin presque. Car à peine déambulait-elle
sur le trottoir que l'on se retournait sur son passage
quand elle aurait tant aimé l'anonymat ! Son nez la chatouillait
les premiers pollens vraisemblablement. Se le frotter lui
fit une impression désagréable. Alors elle s'aperçut
qu'elle l'avait déjà oublié cet horrible pansement
sur le visage !
Elle s'y était finalement faite au
point de ne plus le voir, même en se maquillant. C'était
probablement ce qui intriguait les passants
, de quoi la rassurer et l'inquiéter tout à la fois. Mais quelle bonne
idée ils avaient eue là ! Avec ce placard sur la figure, elle était méconnaissable,
sans doute remarquée, mais pas reconnue !
Elle accéléra le pas, car
ces regards curieux néanmoins l'embarrassaient. Elle se dirigea
vers des bungalows qui servaient de bureaux à une société
de location de véhicules. Elle avait besoin d'un camping-car
d'un modèle courant, voire le plus courant, d'une couleur
commune, aux vitres teintées si possible, bref, un style
de véhicule qui ne se ferait pas remarquer.
Elle entra dans la salle où
se trouvait le guichet de réception et, comme précédemment,
fit se détourner quelques regards.
Brunette, de taille moyenne, probablement
jolie, svelte et fine, elle portait élégamment ce
matin un ensemble robe plus veste, tout à fait bon chic bon genre, hanche ceinturée, boucles d'oreilles et escarpins assortis.
Pour se donner quelque contenance, elle
saisit des prospectus sur le présentoir en altuglas et, à
l'écart, en attendant son tour, se plongeait aussitôt
dans une lecture assidue de tout ce qui pouvait être loué
dans l'agence. Elle sursauta quand l'employé lui demanda
ce qu'elle désirait
Je voudrais louer un camping-car
pour une semaine
Combien de places ?
Quatre, répondit-elle.
L'homme s'était retourné pour
attraper les formulaires appropriés. Puis il réclama une
justification de domicile, une pièce d'identité
et une carte de crédit.
American Express ou carte bleue
Visa ?
Laquelle préférez-vous ?
dit-elle
en fouillant dans son sac à main.
|
| Un
second extrait pages
23-25 |
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Vous
avez fait du beau travail
, dit l'un. Je vous félicite
C'était
le plus âgé qui s'était ainsi exprimé.
Sa chevelure poivre et sel le désignait comme étant
probablement Olson, Ralph Olson. Il ressemblait tant à la
description qu'on avait faite à Barbara de ce monsieur. Mais
c'était la première fois qu'elle le voyait en chair
et en os et cela lui faisait comme un choc :
quelle prestance, le bonhomme ! Elle allait le détailler
quand il reprit :
Les
nouvelles vont vite
On recherche déjà la Cadillac
dans tout Paris.
Il éclata d'un rire franc.
Pas
mal ma voiture, hein ! Amusant ! Et terriblement efficace, en fait
!
Ils
s'étaient rejoints et se congratulaient.
Olson avouait haut et fort qu'il pouvait être fier de lui
Il
avait d'ailleurs largement distribué de chaleureuses poignées
de main à chacun d'entre eux, voulant par ce geste d'ores et déjà
les remercier. Il tapait amicalement dans le dos de Pierre comme
pour le complimenter à sa façon. Il leur conseilla
de rentrer : il ne faisait pas chaud et quelqu'un pourrait les
voir. Plus on était discret, mieux on se portait. Il leur
annonça un repos de quelques heures, de quoi récupérer
un peu.
Ils cheminèrent bientôt en silence, les nouveaux venus
appréciant déjà l'imposante bâtisse qui
fermait l'horizon. Ils croisèrent le jardinier au volant
de son engin et, par politesse, Barbara, Pierre et William lui firent
un signe de tête.
Le
gars accompagnant Olson depuis le début n'avait soufflé
mot. Mais on pressentait qu'il devait être un important maillon
du dispositif. De temps à autre, Monsieur Olson échangeait
avec lui un regard discret et l'on sentait, chez les deux hommes,
une étrange complicité.
Ils
parvinrent au perron.
D'un
pas alerte, montrant l'exemple, Olson grimpa le premier les quelques
marches. À sa suite, tous pénétrèrent
dans la demeure de maitre.
Ils
se retrouvèrent dans un vestibule à la lumière
drapée. Une douce clarté filtrait par des vitraux
aux scènes allégoriques. C'était d'emblée
ce qui avait accroché l'il de Barbara. Avec tact et
délicatesse, elle talonnait ses hôtes, mais rien alentour
ne lui échappait.
Monsieur
Olson, tout en ôtant son imperméable, s'en était
rendu compte et lui demanda si elle aimait les vitraux. Elle lui
répondit que, ma foi, elle s'y intéressait. Il entra
dans une longue explication. Ils n'étaient pas d'origine,
affirmait-il.
|
| Un
troisième extrait
(pages 50-51) |
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|
|
John
Dowell venait de garer son cabriolet sur le parking de la clinique
où exerçait le docteur Bernstein. Il était
accompagné de William.
Tous
deux se dirigèrent vers la réception. Puis ils prirent
l'ascenseur au fond du couloir pour se rendre au troisième
étage. Là, ils s'adressèrent à l'infirmière
de service. Avaient-ils seulement pris rendez-vous ? demanda-t-elle.
John lui exposa que le docteur Bernstein était au courant,
et la pria de lui annoncer l'arrivée de monsieur William
Corvanosky. Le docteur était en consultation. Aussi leur
conseilla-t-elle de s'asseoir quelques minutes, car ils devraient
attendre un peu ; mais ce ne pouvait être long.
John
avait bien envie de s'en griller une. Il interrogea du regard William.
Pensait-il que l'on pût fumer ?
Willi n'en savait rien,
mais apparemment aucun panneau ne l'interdisait. À peine
John avait-il allumé une cigarette que l'infirmière
la lui faisait éteindre. Le cendrier à proximité
l'avait induit en erreur, et il s'en excusait. Les murs venaient
d'être repeints, déclara la femme en blanc, et les
interdictions n'avaient pas encore été réinstallées.
Le cendrier se trouvait justement ici pour éteindre cigarettes
ou cigares. En réalité, John avait plus besoin de
passer ses nerfs qu'une envie de nicotine. Mais il n'eut pas à
se priver longtemps, le docteur Bernstein se présentait à
l'extrémité du corridor. En fait, ce ne pouvait être
que lui, car il les interpellait déjà. John lui présenta
William Corvanosky. " Je suis au courant, monsieur Dowell,
dit-il. Le docteur Cresburg m'a appelé tout à l'heure
de Londres. Nous pensons en effet qu'il est utile d'examiner monsieur
Corvanosky ainsi que ses collègues ". Il leur annonça
d'ailleurs que des confrères allaient s'occuper de ces derniers,
respectivement à Manhattan et à Santa Monica.
Il
pria ensuite William de le suivre pour l'examen, et conseillait
à John Dowell de l'attendre dans son bureau. John lui fit
remarquer qu'il pourrait tout aussi bien patienter dans le couloir,
mais le docteur insista.
|
| Un
quatrième extrait
(pages 63-64) |
|
|
|
Trop
occupée à trouver son chemin dans un aéroport
gigantesque, elle ne s'était pas aperçue qu'une jeune
femme, à l'allure discrète, l'observait avec insistance.
Cette dernière dissimulait à l'intérieur d'un
bestseller américain une photo d'identité en noir
et blanc qu'elle tentait de comparer vaille que vaille avec un vivant
portrait égaré dans les couloirs sans fin de l'aérogare
de Los Angeles International. Barbara, après maintes hésitations,
s'était décidée à suivre d'autres voyageurs
qui, eux, ne devaient pas être, dans cette agglomération
tentaculaire, à leur premier séjour.
Comme
Barbara allait disparaitre dans une foule cosmopolite et pressée,
la personne qui la filait accéléra le pas pour essayer
de la rattraper. Lorsqu'elle fut à sa portée, elle
prit le parti de l'apostropher :
Vous êtes bien Barbara Brémont, n'est-ce
pas ?
Sur le coup, Barbara s'avéra
surprise, personne ne l'avait avertie qu'on l'attendrait à
Los Angeles. Ralph Olson y était même allé de
quelques recommandations avant qu'elle ne s'envolât, bien
qu'elle parlât suffisamment l'anglais pour avoir besoin d'un
chaperon.
Ne soyez pas étonnée, dit-elle.
Je m'appelle Olga
Olga Kenneth
J'ai charge de vous piloter
et de vous aider dans Los Angeles.
Barbara
connaissait un peu les États-Unis. Elle avait résidé
quelque temps à New York, puis en Floride et dans l'Utah,
à Salt Lake City, mais jamais encore en Californie. Mais
Olga ne le savait pas.
|
| Un
cinquième extrait
(pages 77-78) |
|
|
|
Tout
à coup s'entrouvrit la porte. Olson regarda par-dessus ses
lunettes. Ted avait fait irruption dans la pièce.
Monsieur Olson, dit-il
J'ai des nouvelles des U.S.A.
Ah ! Bien !
répliqua Ralph.
Lequel
s'intéressa soudain au ronflement du moteur quatre temps
qui couvrait le frémissement de la nature. Est-ce que le
jardinier tondait les pelouses ? !
Elles n'en avaient pourtant
guère besoin, pensait-il. Ted lui apprit qu'on annonçait
de la pluie pour une huitaine. Aussi l'homme aux doigts verts préférait-il
prendre les devants. Quand la pousse était excessive, le
matériel fatiguait. Dans le fond, Olson approuvait cette
initiative.
Mais
il parut tout à coup se souvenir de l'arrivée impromptue
de Ted, il se leva de son fauteuil faisant par le fait apparaitre une sculpture rocaille ,
posa le volume en ne manquant pas d'y mettre un signet.
Au fait, ces nouvelles ?
interrogea-t-il.
Elles sont relativement bonnes
William loge chez une inconnue,
comme on le lui avait demandé. Nous avons d'ores et déjà
pris quelques renseignements sur elle
Elle est blonde, élancée,
jolie, un peu vamp peut-être
Voulez-vous voir sa photo
? On me l'a envoyée par mail.
Olson
proposa d'y jeter les yeux plus tard. Cela ne pressait pas. En
revanche, il semblait impatient de savoir ce que les autres protagonistes
étaient devenus. Ted lui communiqua que Pierre se trouvait
bien dans l'appartement de la 46th Street et que Barbara logeait
chez Olga Kenneth à Santa Monica. Ils étaient désormais
bien intégrés à la vie américaine.
Un beau réseau que nous avons là ! s'exclama-t-il.
Au fait, quelle heure se fait-il, Ted ? J'ai dû laisser ma
montre dans la salle de bain.
|
| Un
sixième extrait pages
107-109 |
|
|
L'un
des serveurs s'approcha et commença de plaisanter avec John
:
Comme d'habitude, le cocktail
de la maison pour ces ravissantes demoiselles, dit-il en français.
Une " dinde sauvage " pour toi
et un diet coke pour
notre artiste.
Était-ce
son habitude de parler français avec eux ou se serait-il
aperçu que Barbara, à sa façon d'être,
ne pouvait être une autochtone.
Oh ! pas si vite, qu'est-ce
qu'il y a dans votre cocktail ? !
demanda-t-elle.
Tout ce qu'une dame sait apprécier
et de la malice, en plus. Jusqu'à présent, aucune
n'a détesté, bien au contraire !
Vous seriez
la première, et quand je regarde vos jolis yeux, j'en
serais le premier confondu.
Il
s'en retourna sur-le-champ, ne permettant d'autre alternative. Elles
n'eurent pas même le temps de faire visuellement connaissance
avec l'endroit que le garçon était de retour. Il
déposa les alcools au centre de la table, sans se soucier
de l'exacte commande, si bien que Barbara se retrouva avec un Bourbon
devant elle. Elle allait presque lui en faire la remarque quand
elle entendit le serveur s'exclamer : " tournicoti, tournicota
! ". L'intérieur de la structure de plastique se mit
en rotation et les verres comme par miracle se positionnèrent
différemment. Puis le plateau s'arrêta. Chacun trouva
sa consommation en face de lui ou d'elle. Barbara n'en croyait pas
ses yeux. Pour une fois le hasard avait bien fait les choses, mais
était-ce seulement le hasard ? !
Vous m'en direz des nouvelles
!
dit le serveur avant de s'éloigner.
Ensemble,
Olga et Barbara trempèrent leurs lèvres dans le fameux
cocktail. Aussitôt, le plancher se déroba sous leurs
pieds, les entrainant peu à peu dans une autre salle.
Les jeunes femmes se demandaient si l'effet de la mixture n'était
pas instantané !
Le
temps de se ressaisir, elles se retrouvèrent dans un nouveau
décor, dans une semi-pénombre. Le sol s'était
immobilisé ; au fond de la pièce avait lieu un spectacle.
Étonnant,
hein, ce breuvage !
s'exclama John. Ça vous donne des
hallucinations !
Barbara
s'interrogeait. Était-elle
tombée dans l'un de ces traquenards qui vous conduisaient
dans des antres que vous préfériez ne connaître
qu'à travers l'imagination fertile de romanciers ? ! Elle
dévisagea Olga, comme pour s'assurer qu'elle ne rêvait
pas, mais lut dans son regard la même interrogation. Lorsque
leurs prunelles se furent enfin adaptées à l'ambiance
lumineuse, les jeunes femmes découvrirent autour d'elles
la même présence, cela parut les rassurer. John et
Michael devaient être de joyeux lurons.
Qu'en pensez-vous ?
questionna
Michael. Je vous l'avais bien dit
, bizarre !
Ma foi, on serait surpris pour
moins ! répondit Barbara.
|
| Un
septième extrait pages
204-207 |
|
|
Sa
femme descendue de voiture, André mit le cap sur la banlieue
nord. Tout en se dirigeant vers Saint-Denis, il s'interrogeait. Devait-il appeler son ami Luc aux Renseignements généraux
plutôt que prévenir directement son patron
, après
tout cela ne mangeait pas de pain de s'assurer à la fois
les avis éclairés de Luc et de Henri Mortier, personnes
dont il ne mettait en doute l'intégrité et l'amitié
sincère.
Presque arrivé à destination, il s'était
engagé dans une étroite allée. Il y
roulait à présent au pas entre deux blocs d'immeubles.
Ce
fut alors qu'un ballon de football heurta le parebrise y laissant
une marque terreuse ramenant Noilou à la réalité
du moment. Furieux, il s'arrêta pour nettoyer la vitre, car les essuie-glaces
mis en marche aussitôt n'avaient fait qu'accentuer la saleté. Des
trainées noirâtres dégoulinaient vers
le capot et il n'y voyait plus du tout. Ce n'était guère dans son habitude de montrer
sa mauvaise humeur, mais pas un seul individu n'était venu
s'excuser
Des rires moqueurs l'avaient en revanche atteint de plein fouet. Il s'avança avec courage sur un
semblant de pelouse en direction des joueurs pour quelques explications, lesquels footballeurs en restaient interdits
Hé
! À qui est ce ballon ? interrogea-t-il.
Personne ne répondit. Dès lors reprit-il la question
sur un ton plus menaçant :
Ho
! Vous êtes sourds
ou vous ne comprenez pas le français
? !
À
qui est cette balle, nom de Dieu ? !
Il avait continué d'avancer. Les
adolescents prirent peur et, tel un troupeau effarouché,
détalèrent sans demander leur reste. Il les aurait
bien poursuivis, mais qui poursuivre et à quoi bon ! Aussi ne lui restait-il qu'à les regarder galoper et s'évanouir
aux alentours. Soudain, une terrifiante explosion accentua la foulée
des gosses, comme s'ils avaient été pris d'une panique
irraisonnée. Il se retourna brusquement en direction de la
détonation
Ce
qu'il vit alors le laissa hébété, sidéré,
quelques minutes durant. Sa voiture, à peine quittée,
était la proie de flammes gigantesques qui, en un rien de
temps, la dévorèrent. Lorsqu'il se rendit compte de
sa chance inouïe, une sueur froide perla sur un corps tétanisé
par l'émotion.
Que faire ? !
Jeter un regard derrière lui serait sans
doute de trop !
Il préféra
filer et déguerpir au plus vite de ce lieu maudit. Peu lui
importait de salir ses mocassins en chevreau sur le terrain détrempé
par les récents orages ou le profil bas qu'il prenait en
cet instant. Fuir !
Fuir !
Fuir !
Il ne pensait
qu'à ça !
Au
moment où il atteignait une route inespérée, un taxi
y déposait une dame aux cheveux argentés et d'un âge
avancé. À en perdre haleine, il courut vers le providentiel
et salutaire véhicule, demanda bientôt au chauffeur
de l'emmener à Paris
Notre-Dame plus exactement.
Quelle
belle journée, après les pluies de ces derniers jours
! entama le conducteur.
N'est-ce
pas
, répondit gentiment André Noilou.
Celui-ci
s'apercevait bien que le gars avait envie de faire un brin de causette,
mais le cur n'y était pas ! Aussi, pour éviter
le dialogue, André sortit
un calepin de la poche de son blouson de cuir et y jeta quelques réflexions de dernière
minute. Le chauffeur l'observa quelques instants dans son rétroviseur puis le voyant si absorbé n'osa plus le déranger.
|
| Un
huitième extrait pages
281-283 |
|
|
Le
téléphone s'était mis à sonner. Le
commissaire, d'un geste assuré, venait de décrocher.
Blanchaud s'entretint quelques instants avec son interlocuteur et, soudain,
fit un signe discret tout en branchant le haut-parleur du poste
afin que Jean entendît la conversation.
Une
voix d'homme, claire et posée, annonçait :
Je
vous lis ce que m'ont envoyé les Renseignements généraux.
La femme, d'après nos photos, a été parfaitement
identifiée
, elle se fait appeler Barbara Brémont
née Caroline Gaspéri, célibataire. Se fait
connaitre en fac de lettres comme extrémist, et comme
meneuse
Passe semble-t-il, sans problèmes de conscience,
de l'extrême gauche à la droite, en fonction de l'homme
avec lequel elle partage sa vie du moment ! N'a fait l'objet
ces dernières années d'aucun soin particulier
Se serait apparemment rangée.
Et
l'homme continuait
Quant
au passager de l'avion, comme vous nous l'avez demandé
, on a pu l'identifier d'après les témoignages de Jeanne
Noilou, surtout par quelques accessoires, notamment ses lunettes
- qu'il aimait fantaisie et ce, depuis de longue date -, même
s'il ne les portait pas tout le temps
, probablement aussi des
lentilles de temps en temps
William Corvanosky, en fait Louis
Lekersec. Lui, en revanche, est connu de leurs services
pour ses nombreux voyages au Moyen-Orient et en Extrême-Orient.
Ils avaient pensé un moment à un trafic de drogue
mais sans pouvoir le certifier
Aujourd'hui leur thèse
semblerait plus s'orienter vers le terrorisme, mais sans actions
réellement signées par lui ou son proche entourage.
Tout ce qu'ils savent, c'est que Corvanosky fréquente des
réseaux internationaux plus ou moins liés à
des actes terroristes dans le monde
, des réseaux divers
et variés
Voilà. C'est tout.
Blanchaud
le remercia et lui demanda d'envoyer, à son intention, tous
ces précieux renseignements. Puis il raccrocha.
Voilà
du bel ouvrage ! s'exclama Jean. Qu'est-ce que je vous avais dit
!
Le
divisionnaire reconnaissait bien ici son André. Enfin l'enquête
allait pouvoir démarrer pour de bon ! Ils avaient dorénavant
du pain sur la planche !
Tout d'abord, il fallait faire surveiller
de près cette Barbara. Elle les mènerait assurément
quelque part !
Et
si je la filais, moi ? !
déclarait Jean. Je ne vais
quand même pas rester sans rien faire ! Après tout,
c'est mon enquête !
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