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Ici
commence 
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Terre
interdite aux non-bédouins
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Ne
cherchez pas le califat d'Hélios, interdit aux non-bédouins,
sur votre mappemonde
Il se situe dans un lieu où la
géopolitique évolue plus vite que la cartographie.
Au siècle dernier, au tout début des nineties, Jerry
Palmer, businessman américain, et moi-même, Français,
l'avions découvert par hasard en plein désert.
Nous
y fîmes fortune, et y trouvâmes l'infortune. Nous y
découvrîmes le rêve, la passion ; nous y rencontrâmes
le vice et la vertu.
Nous
vécûmes à l'intérieur du califat d'Hélios
tout ce qu'une vie désordonnée peut apporter de turpitudes
Jerry jusqu'à en devenir son calife ; et moi jusqu'à
disparaître dans les sables d'Hélios tandis que s'éteignait
à tout jamais le califat après avoir brillé
un temps comme une luciole
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quelques extraits du "califat d'Hélios"
sous forme de brochure pdf imprimable (12 pages) |
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| Présentation |
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La
réalité
Le rêve
Entre les deux,
une frontière indistincte où la vie tout entière
nous apparaît voilée
Alors naissent
des personnages intemporels
en des places où notre
vision est altérée, rendant évanescente une
réalité essentielle.
Ainsi se transforment
des lieux, aux contours de plus en plus vaporeux, dans lesquels
peuvent s'égarer les protagonistes de cette histoire.
|
| Citation |
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mais rien ne se passa ; qu'un long discours en arabe auquel, forcément,
je ne compris rien. Et quand la chose cessa enfin, j'eus un profond
soupir de soulagement. Décidément, on avait toujours
besoin d'un authentique secours féminin.
Ce
jour-là, et pour la première fois de ma vie, je passai
ma nuit dans une geôle. Bahira n'avait pas été
garce
à peine femme
Séance tenante, l'on
m'arrêta, me mit les fers, me conduisit dans un trou à
rats ! Et ses yeux maquillés, d'habitude si grands, si bons,
n'exprimaient plus rien ; des yeux vides et lointains, si différents
du regard que j'avais jusqu'à présent connu. Bien
plus tard, l'on vint me chercher pour me soumettre à la question.
Rituel insensé, rappelant des époques qu'on aimerait
à jamais révolues. |
| Un
premier extrait début
du roman / pages 11-13 |
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Mais
quelle mouche m'avait, ce jour-là, piqué, moi Pierre
Landier pour que je tente, à mon âge, pareil exploit
?! Je n'étais guère aventurier dans l'âme, mais
peu à peu l'étais devenu
Et
depuis des jours et des lunes, je souffrais
Le jour, par des
chaleurs carrément dessiccatives ; la nuit, par la morsure
du froid qui faisait éclater la roche rencontrée,
préalablement chauffée à blanc.
J'avais,
la veille, fêté mes quarante-cinq ans dans le désert,
à la frontière de l'Arabie Saoudite et de la Jordanie.
Je
m'étais envolé de Paris pour Amman. J'avais pris un
minibus à Wahdat Station pour Pétra, l'un des plus
beaux sites du Proche-Orient. J'en avais profité pour admirer
la merveille architecturale des nomades Nabatéens creusée
dans des grès étincelants, rouges, jaunes et bleus,
dont les dessins naturels, étrangement sculptés par
la couleur des pierres, rehaussaient la grandeur.
Puis, de Pétra, j'avais gagné
Wadi Rum plus connu comme le mythique puits de Lawrence d'Arabie
à deux heures de route environ. Ici la montagne tombait
en à-pic sur le sable des vallées, s'épanouissant
en falaises rouges, m'obligeant d'admirer la majesté de la
nature à l'état pur, et rêver.
Et
de là, j'avais préparé mon odyssée :
rallier Al Jawf, un site archéologique situé en bordure
des dunes du An Nafud, au nord de l'Arabie Saoudite.
*
J'avais
à présent des cheveux poivre et sel, une barbe aux
reflets argentés taillée amoureusement chaque matin.
Je m'étais coiffé d'une casquette ajourée avec
une large visière qui surplombait un profil anguleux, portais
un short de toile kaki et un ceinturon de cuir patiné, dégotté
un dimanche aux puces de Saint-Ouen. Avec des sandales aux pieds
et un extravagant barda sur le dos et sur les hanches, j'avais l'allure
d'un chef scout qui se serait fait surprendre par le cours de la
vie.
*
D'un
pas tranquille d'automate, suivant un rythme régulier, un
rien saccadé, comme si mon corps paraissait déséquilibré
par l'équipement inhabituel qui tintait sur son bassin, j'avais
parcouru des milles et des milles et rencontré que du sable
et des cailloux.
Désormais, seule la montre sophistiquée
que je portais au poignet sous un sweat-shirt blanc rythmait ma
vie. D'ailleurs elle annonçait chaque heure nouvelle en carillonnant.
Alors avait lieu tout un cérémonial qui, hors du contexte,
aurait prêté à rire.
*
Je
m'arrêtais dès que le dernier coup avait retenti. Et,
sans avoir besoin de jeter les yeux sur le cadran, savais l'heure.
Sur le sable, j'étendais une natte de mousse, me déchaussais,
prenais soin de mes pieds comme de purs trésors, les inspectant
sur toutes les coutures pour être certain qu'ils ne fussent
blessés, avant de leur prodiguer les soins nécessaires,
en rapport avec l'effort fourni. Afin d'hydrater une peau terriblement
éprouvée, j'appliquais grassement crèmes et
onguents.
Puis je sortais de mon sac un impressionnant
thermos qui conservait à une température idéale
l'eau à consommer dans la journée, prélevée
au lever du jour sur la réserve qui, elle, s'était
rafraîchie durant la nuit ; réserve qui, de puits en
puits, d'oasis en oasis, s'avérait de très loin le
plus gros du fardeau. Je me contentais de quelques gorgées,
à peine suffisantes. Enfin, avant de repartir, je prenais
soin de faire le point ; d'abord, avec la boussole qui pendait à
ma ceinture ;
|
| Un
second extrait pages
65-66 |
|
|
J'en
avais déjà le cur tout retourné
En
un rien de temps, guidés par Bahira, étions, Aoud
et moi, devant le Bédouin en question.
La
jeune femme ne s'était pas trompée ; Jerry avait bel
et bien payé son quadrupède à la bosse rebondie
; et en dollars !
Point
de dinars, riyals, dirhams ou livres ; toutes, monnaies des sables
; mais des dollars ! Évidemment, dans cette région,
les dollars coulaient à flots, autant que l'or noir, mais
les Bédouins préféraient toujours la valeur
marchande de leurs monnaies traditionnelles.
D'où
provenaient les billets verts, puisque j'avais moi-même pris
la peine d'explorer le bagage de Jerry ; et n'y avais trouvé
que des choses ordinaires, pas même d'argent !
Si dorénavant le problème
du négociant était réglé, il fallait
au plus vite mettre la main sur la personne à qui l'on aurait
pu dérober un chameau, en contre-valeur s'entend ; et avant
qu'elle n'allât se plaindre aux autorités. Car il serait
alors trop tard ! Et le voleur pris sur le fait ne pourrait être
jugé que selon les lois en vigueur dans le pays ; et elles
étaient terribles !
Enfin parut le fauteur de troubles, et son
mammifère au sourire narquois.
Où
as-tu pris l'argent pour acheter cet animal ? criai-je d'emblée
d'un ton suffisamment courroucé pour que, tel un enfant soudain
inquiet, Jerry reconnût sa faute.
Pendant que de mes invectives je le poursuivais,
la bête était venue me lécher l'oreille comme
pour me dire : " lâche-nous les babouches ! ".
Jerry paraissait gêné. J'avais
déjà compris qu'il n'oserait avouer son forfait devant
tout le monde. Je l'entraînai à l'écart. Ce
qu'il me montra me subjugua. Alors que nous avions gagné
un endroit discret, il leva son pied droit, faisant apparaître
la semelle de son soulier, passa l'index de sa main droite sur une
marque secrète, quelque part sur la chaussure. Et comme par
mimétisme dans cet Orient magique, s'ouvrit la caverne d'Ali
Baba.
Ebaubi, j'écarquillai les yeux. Là,
dans ce pays où la flore était réduite à
sa plus simple expression, Jerry crapahutait sur un océan
de verdure.
|
| Un
troisième extrait
(pages 69-75) |
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|
À
ce moment, dans ma tête, tout semblait confus. Jerry, désormais
propriétaire d'un chameau, tissant par le fait des liens
plus étroits que jamais avec nos hôtes, arpentant les
sables sur une partie de son compte en banque
Il n'en fallait
guère plus pour que je commençasse à me méfier
de ce pays, au charme sournois, à la chaleur quelque peu
diabolique, mais à l'attrait bien trop magique pour ne pas
être aspiré dans un tourbillon qui risquait à
tout jamais de m'engloutir.
Il était grand temps
amnésie vraie ou fausse de rendre visite aux autorités
et leur conter notre aventure commune. Au reste, peut-être
avaient-elles des informations ? Voire un mandat de recherche international
?
Bahira avait-elle pressenti quelque
chose ? Elle voulut m'accompagner, demandant pour cela la permission
au patriarche, qui eut le malheur de lui accorder.
Comme elle connaissait l'oasis comme
sa poche, du fait des nombreux séjours de sa famille, en
deux temps et trois mouvements, nous fûmes devant l'administration
locale.
Elle eut même la sagesse d'aller
demander seule si l'on pouvait nous recevoir tandis que j'attendais
au-dehors. Puis nous entrâmes tous deux
Et moi de ne négliger ensuite
aucun détail, afin que l'on retrouvât au plus vite
les débris de l'avion qui ne manqueraient d'attester mes
dires et, bien évidemment, accréditer notre présence
dans ce pays. Car il était bon d'éviter toute ambiguïté.
L'on m'écouta avec la plus grande attention. Puis on prit
ma déposition que je dus signer. J'hésitai un peu,
car le texte avait été rédigé en arabe,
et j'aurais de ce fait pu approuver ma propre condamnation à
mort. Mais comme je commençais à voir poindre, devant
mon hésitation, des regards défiants, j'apposai mon
paraphe.
Bahira prit alors la parole. Je me
figurais, dans mon occidentale pensée, qu'elle chercherait
à lire ce que j'avais signé, et m'attendais à
la voir se pencher sur cette forêt de lettres si mystérieuses
pour moi, mais rien ne se passa ; qu'un long discours en arabe auquel,
forcément, je ne compris rien.
Et quand la chose cessa enfin, j'eus
un profond soupir de soulagement. Décidément, on avait
toujours besoin d'un authentique secours féminin.
*
Ce
jour-là, et pour la première fois de ma vie, je passai
ma nuit dans une geôle. Bahira n'avait pas été
garce
à peine femme
Séance tenante, l'on m'arrêta,
me mit les fers, me conduisit dans un trou à rats !
Et ses yeux maquillés, d'habitude
si grands, si bons, n'exprimaient plus rien ; des yeux vides et
lointains, si différents du regard que j'avais jusqu'à
présent connu.
Bien plus tard, l'on vint me chercher
pour me soumettre à la question. Rituel insensé, rappelant
des époques qu'on aimerait à jamais révolues
Tout
à coup s'approchèrent des pas. Le verrou crissa et
grincèrent les gonds usés cependant que s'ouvrait
la porte massive.
Une torche m'éblouit. On m'arracha
de la paillasse. Je vacillai. On me retint. Lorsque j'arrivai à
l'air libre, je dus fermer les yeux, tant me brûlait la lumière
; et c'est totalement aveugle, littéralement tiré
par mes geôliers, que je gagnai une salle où je ne
vis dans la clarté acide, au début, que des ombres.
Je m'attendais à un nouvel
interrogatoire musclé, suivi ou précédé
d'une avalanche de coups, quand j'entendis comme dans un rêve
la voix de Jerry :
On fait le malin
! on abandonne ses amis !
J'avais l'impression de délirer,
mais je sentis que l'on tripotait les chaînes qui m'entravaient
les pieds. J'essayai bien d'entrouvrir les paupières ; l'intense
rayonnement me les faisait refermer. Je me rendais compte de passer
de gardes en gardes. Sur les chevilles, me pesaient pourtant toujours
autant les fers, simple illusion. Mais le bras qui me saisit alors
n'avait plus la même force de brute, mais d'icelui se dégageait
un enivrant parfum.
Une autre poigne, peut-être
un peu plus musclée, celle-ci, me saisit sous l'aisselle,
et je fus traîné, si j'en jugeais par le souffle chaud
qui me fouetta soudain le visage, au-dehors. Au même moment,
un timbre que je ne connaissais que trop bien, dit simplement :
Shokran.
Un concert de voix lui répondit
en arabe, mais je n'en compris guère le sens.
Tu es un peu pâlot,
me dit Jerry. As-tu au moins mangé à ta faim ?
Heureusement qu'ils me soutenaient,
car mes jambes flageolaient. Ne pouvant ouvrir les yeux, je ne savais
quel étrange spectacle nous pouvions former, et si, sur le
parcours, se trouvait du monde pour se repaître d'un pauvre
hère honteusement trompé.
Soudain, je sentis l'ombre bienfaitrice
d'une verdure abondante. Et pour la première fois, j'entrouvris
un il sur, à distance, des prunelles fardées
qui avaient retrouvé toute leur expression mystique.
'ezzayyak ?
me dit-elle.
Elle avait le culot de me demander
comment j'allais, après ce qu'elle m'avait fait ! Car j'avais
été libéré aussi bizarrement qu'interné
! Et à chaque fois, elle était là : mi-ange,
mi-démon.
Il
y avait là quatre dromadaires, un mâle et trois femelles,
que je ne connaissais ni d'Ève ni d'Adam : Ghazala dont je
ne renouvelle pas la présentation, puis Rimala, Razzia, Shegga.
Ghazala reprit son même geste
affectueux : " tu vois qu'il valait mieux nous lâcher
les babouches " me susurra-t-elle à l'oreille ; à
moins que je fusse assez doué pour en faire la traduction.
Arriva peu après Bahira, qui
se cala près de son Amerloque de Bédouin. Et lui ajusta
sa coiffure, car porter dignement l'akal n'était pas
encore une chose que l'on apprenait dans les campus américains.
Puisque l'homme était devenu un vrai méhariste, elle,
la Bédouine, pouvait maintenant devenir sa promise.
Bon Dieu, mais c'est bien sûr
!
J'étais naturellement l'empêcheur
de tourner en rond.
|
| Un
quatrième extrait
(pages 128-135) |
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|
Je n'osais pourtant lever le couvercle.
Mais comme l'intérieur semblait drapé, ma curiosité
fut la plus forte. Je sursautai bientôt, reculai de trois
bons pas
Une forme y était allongée.
Un instant, je crus à un être trépassé
que l'on aurait camouflé avant de s'en débarrasser
définitivement
comme dans un banal polar ! Brusquement
savoir que le mort ne l'était pas encore, me rassurait à
peine.
Eh bien,
tu en as mis du temps à me découvrir !
Entre
!
T'es complètement
folle ! Pas là-dedans !
Y'a de la
place pour deux, et c'est très confortable.
Ça
va pas !
Et ton père, et ses femmes ?
Tout le
monde est sorti aujourd'hui. T'inquiète pas, j'ai des antennes
partout. Dépêche-toi ! Tu me fais languir
Décidément, cette fille était
complètement givrée, de plus en plus givrée.
Mais qu'auriez-vous fait à ma place ?
D'autant plus
qu'un subtil parfum émanait de la couche en osier
J'oserais
de même parier que vous ne l'avez encore jamais fait, dans
une malle !
Non, je ne rentrerais pas dans ces jeux
burlesques
De dépit, je refermai le couvercle
mais de l'intérieur.
Rencontrai des lèvres goulues, et un corps innocent qui n'avait
aucune possibilité d'échapper à son destin.
Nos sens exhalés, je ne suis pas
sûr qu'en cet instant ce mobilier n'avait pas une âme,
et ne l'aurait pas manifesté séance tenante devant
une assistance, voire un auditoire. Étais-je mage ou devin,
l'auditoire entra
Elle mit un doigt sur ses lèvres,
puis m'enserra de ses frêles bras pour que je ne pusse bouger.
Et me susurra :
On m'avait
dit que
Sa voix fut couverte par celle de son père
:
Ah, c'est
donc ça la malle dont vous m'avez parlé.
Je le sentais je crois bien que
elle aussi approcher à grands pas. Nos curs
s'étaient emballés à l'unisson. Je devinai
déjà le regard du calife me transpercer
Quel est
donc le génial artiste responsable de cette création.
Aziz
noble calife, répondit une voix féminine. Son atelier
se trouve : mysterium 22, char 55.
Permettez-moi d'ouvrir une parenthèse
de vous traduire
; il habitait dans la vingt-deuxième
rue, au numéro cinquante-cinq, ou si vous préférez
dans la cinquante-cinquième maison.
Je me souvenais avoir, quelque temps auparavant,
supervisé la construction de cette artère.
Magnifique,
ce coffre ! Vous pourrez en commander un second que je mettrais
cette fois chez moi.
Voulez-vous
voir la finition de l'intérieur, noble Awad ?
J'ai cru que mon cur s'arrêtait.
Plus tard,
plus tard, mes chéries. Allons, mettons-nous au travail.
Je respirai. Le temps que le coq se pavane
devant sa basse-cour, cela nous laissait peut-être l'espoir,
voire caresser l'illusion, que la malle serait définitivement
oubliée
D'ailleurs, si vous voulez mon avis, noble
calife, l'intérieur ne mérite point que l'on s'y arrête
; oh ! que nenni !
Indéniable perte de temps pour votre
grandissime personne !
Et cette si mauvaise conseillère
que vous alliez prendre à la lettre !
Amina me sourit. Je ne sais comment je
fis pour ne pas pouffer. Mais je me jurai de ne plus me plier à
ces imbéciles divertissements. Car, maintenant, nous étions
aux premières loges, voyeurs
ou plus exactement ouïeur
on n'y voyait en effet pas grand chose.
Pour la première fois, et bien malgré
moi, j'allais assister à une partouze orientale.
La débauche fut sans limite !
Le jour descendait quand je revins à moi ; ou que je m'éveillai
dans un autre monde, je ne savais encore. Comme dans une nouvelle
naissance, d'un coup de calotte crânienne, je soulevai l'opercule,
tandis qu'apparaissait un torse rougi, gluant. Explorateur d'un
nouveau monde, à la merci de
Tout était trop symétrique
J'extrayais bientôt une forme qui gisait au fond d'une cantine,
baignant dans son sang
trépassée
Mais
ce corps, s'il n'avait, semble-t-il, point de vie, était
encore chaud
Dilacéré de toutes parts
Pourtant, avec des prunelles intactes qui s'éveillaient à
la vie
Et m'aperçurent
Passé le choc émotionnel,
un rire nerveux emplit la bâtisse. Un doigt tremblotant, féminin,
pointait vers moi, remontant lentement des pieds à la tête.
Je me penchai enfin, d'un regard jaugeai mon état
La
tunique décimée, le mot n'était pas trop fort
; en charpie
en dentelle d'Hélios ; la poitrine quelquefois
parée d'étroites boutonnières d'où perlaient
de purpurines gouttelettes, comme des larmes de vie versées
devant la tyrannie.
Je m'aperçus bientôt qu'elle
avait eu plus de chance que moi, et que, de ma sève, n'était
que maculée, miraculée de corps, miraculée
d'esprit
Ce soir,
c'est Halloween, dit-elle. Et je suis une squaw sur le sentier de
la guerre, en dentelle d'Hélios.
Et je suis
le totem, encore barbouillé du sang des chenapans, lacéré
par les redresseurs de torts et la justice populaire.
La squaw voulut-elle s'immoler sur le totem
?
Ils ne firent bientôt qu'un
Après quoi, le totem recouvert de
dentelle put reprendre ses esprits.
Et, ensemble, nettoyer sur-le-champ toutes
traces suspectes, à l'intérieur et autour de l'expiatoire
malle.
*
Quand Bahira et Jerry me virent arriver dans cet état, ils
me crurent la victime d'une agression, ou une rixe, voire un règlement
de comptes. Est-ce que quelqu'un aurait été mécontent
de nos services ?
L'idée d'une tenue de carnaval les
fit beaucoup rire. Jerry voulut absolument me montrer à ses
chameaux. À faire le pitre, j'allais encore être la
risée de son cheptel. En me voyant apparaître, ils
retroussèrent leurs lèvres molles et moqueuses, en
pleurant de joie ou de tristesse
Ton maquillage
! me cria Jerry.
Par plaques, il s'en allait, sous de grands
coups de langue baveuse, laissant à la place un cataplasme
lénifiant.
Ce n'est
rien, dis-je. Je le referai.
|
| Un
cinquième extrait
(pages 166-167) |
|
|
|
Ainsi s'ouvrit une nouvelle période
au califat d'Hélios. La première décennie
du XXIe siècle était déjà bien avancée.
Awadah prospérait plus que
jamais. Les souks grandirent, tandis que l'hétérogénéité
des gens, poussée par des turbulences aux portes du califat,
amena une étonnante décontraction dans la cité,
une richesse insoupçonnée. Tradition et modernisme
se côtoyaient, se mêlaient, sans jamais s'entre-dévorer.
*
Tout
aurait pu aller on ne peut mieux si Awad, en ayant soudain assez
des frasques de sa fille, ne l'avait acculée à choisir
entre Jerry ou votre serviteur. Alors que, nous autres, faisions
bon ménage de cette situation. Le seigneur Awad nous aimait
d'ailleurs autant l'un que l'autre et ne voulait aucunement imposer
son choix. En revanche, il souhaitait que sa loi fût respectée
par tout individu qui entrait au califat d'Hélios et, raison de plus, sa propre fille, et ce, même s'il l'avait
naguère envoyée bien loin pour y entreprendre une
mâle éducation.
Car Awad voyait peu à peu arriver
l'âge, et il aurait aimé que le palais se remplît
de potentiels successeurs.
Le problème fut qu'Amina ne
savait se décider. Et plus on la sommait de faire un choix,
plus elle n'en faisait qu'à sa tête ! Si les hommes
pouvaient avoir plusieurs femmes, il était juste qu'une femme
puisse avoir plusieurs hommes : elle ne voyait rien d'immoral là-dedans.
Maintenant, si les hommes d'ici se remettaient en question, elle
en ferait de même. En attendant, elle jouissait comme eux
de la vie, et des lois dictées pour leur être profitables
Et elle les adaptait à sa manière
Aussi se cachait-elle de moins en
moins. On pouvait la voir tantôt avec Jerry, tantôt
avec moi. Mais prospéraient alors à Awadah tant de
gens si différents, que ça ne gênait personne,
car chacun respectait l'autre, du moment qu'il ne faisait de mal
à autrui.
|
| Un
sixième extrait Dialogues
/ pages 140-145 |
|
|
Aussitôt,
je voulus en savoir plus
Jerry, comment
dites-vous déjà ?
Palmer
Jerry Palmer
Texan, si ce n'est d'origine, au moins d'adoption.
Si je me suis adressé directement à vous, c'est qu'on
m'a affirmé que l'un de vos associés, ou peut-être
employés
je ne sais pas, n'était pas d'ici et
avait un accent américain.
Diable, comment cet homme avait-il
pu s'introduire dans une terre interdite aux non-bédouins
?
Comment avait-il fait pour gagner Awadah ?
À
ses risques et périls, forcément, mais il fallait
néanmoins en apprendre davantage
Étrange,
dis-je. Je pense qu'on vous a induit en erreur. J'ai bien deux associés,
ils sont tous deux bédouins. Mais l'un a un réel don
pour les langues. Au contact d'hommes récemment arrivés,
il a pu attraper un peu d'accent de votre pays. Voici la confusion,
lorsqu'il lui arrive de parler anglais. Je suis navré qu'on
vous ait mis sur une fausse piste.
Dommage
cela aurait été trop beau !
Mais si
ce n'est point indiscret, pourquoi recherchez-vous cet homme ? J'ai
ici beaucoup de relations, et de nombreuses antennes. Peut-être
pourrais-je vous être utile ?
Dans ce
cas, que diriez-vous d'une poignée de dollars !
Ah, le scélérat ! il
avait dû acheter ses informations. Peu résistent à
la tentation du diable ! Je ne pense pas qu'il aurait pu atteindre
Awadah sans tromper son monde
en jouant de l'attrait d'une
manne qui, elle, n'était guère bénie des dieux.
Jerry Palmer,
dites-vous
Oui
C'est un puissant homme d'affaires, jouissant d'une fortune colossale.
J'ai déjà retrouvé quelques débris de
son Beechcraft.
Un Beechcraft
?
Oui. Nous
avons même découvert une tombe, avec les restes du
pilote, qu'on a rendu à sa famille. Mais le commandant de
bord n'a pu creuser sa sépulture.
Logique,
dis-je. Mais vous savez, il y a tant de caravanes dans le désert.
Bien sûr
Dans ce cas, on aurait aussi dû trouver le corps de Palmer.
Or, nous n'avons plus rien déniché aux alentours.
Dans un
crash, on ne retrouve pas toujours tout le monde. Certains sont
quasi volatilisés.
Logique
aussi. Mais des bédouins nous ont affirmé avoir recueilli
naguère deux survivants de la catastrophe.
Deux survivants
!
Oui, et
l'avion n'a décollé qu'avec deux personnes à
bord : le pilote et son patron.
Ce Palmer.
Voilà
Si vous
saviez
le nombre de businessmen qui embarquent leur maîtresse
dans leurs voyages d'affaires !
On parle
de deux hommes
Cela devenait trop précis pour
ne pas approfondir
impossible que notre famille d'adoption
nous eût trahis, même si nous ne l'avions plus vue depuis
un bon bout de temps : car la rencontrer dans le désert ne
pouvait qu'être fortuit.
Deux hommes
?
êtes-vous formel ?
Selon ce
qui se dit. On pense à un acte de piraterie
Un troisième
homme a probablement embarqué à l'insu de Palmer et
de son pilote. Détournement, rançon, on ne sait
Toujours est-il que le navire, je veux dire : la compagnie, a perdu
son capitaine depuis belle lurette, et que la femme aimerait savoir
où se trouve le mari.
Et ses enfants,
par la même occasion, ajoutai-je
Je bouillais d'impatience,
j'allais pouvoir compléter mon puzzle.
Non, il
n'en a pas. Imaginez la succession s'il est décédé
!
Je plains
sa veuve
quelle angoisse !
Elle s'est
déjà consolée avec le bras droit de Palmer
! Et si je peux rapporter la preuve que l'individu est bien mort,
je touche aussi le pactole
vous me comprenez.
Si je saisis
bien, madame Palmer ne recherche pas son mari, mais sa dépouille.
Que va-t-elle
s'embêter d'un mari !
Aujourd'hui, seul son cadavre
peut lui rapporter beaucoup d'argent, c'est l'essentiel, n'est-ce
pas ?
Et si je
peux vous aider ?
Je vous
l'ai promis, vous serez récompensé
au prorata
des éléments que vous pourrez nous fournir
En fait,
je ne connais personne répondant au nom de Palmer. Mais j'emploie
beaucoup de gens et pas mal d'occasionnels. Je vais me renseigner
pour savoir si un Jerry Palmer ne se cacherait pas sous un nom d'emprunt.
Je vous
en serais reconnaissant
et pour vous ce sera encore quelques
dollars de plus
J'y compte
bien
Business is business, n'est-ce pas ?
Mais dites-moi,
quelle est donc cette ville ? Elle ne figure sur aucune de mes cartes
Je ne sais même pas comment j'y suis parvenu.
Vous ne
devez pas avoir les bonnes
Awadah est la ville la plus importante
de la région. Mais, entre les noms arabes et les traductions
en diverses langues pour les touristes, on a de quoi s'y perdre.
Je vous
assure, elle ne figure nulle part. À mon retour, j'en ferais
part à l'éditeur des cartes
Cela va
de soi.
Tant d'éléments recueillis
à la fois et en si peu de temps méritaient bien un
peu de grandeur de ma part. Je lui offris de passer dans nos appartements
pour y prendre un thé ou du café. Il refusa
poliment, certes
Mais quel affront, ici !
Il fallait que je lave mon honneur
dans le sang. Je décrochai un yatagan judicieuse décoration
et lui conseillai d'aller chercher mon pote Jerry sur une
autre planète, conseil qu'il s'empressa de suivre en expirant.
J'enroulai bientôt son corps
ensanglanté dans le kilim que nous avions l'intention de
remplacer, et à présent taché du sang d'un
importun
Bahira survint à ce moment-là.
Lorsqu'elle vit le tapis roulé, elle m'interrogea du regard
C'est bien
ce que l'on avait décidé, non ?
remplacer cette
chose élimée
Elle s'approcha et m'embrassa affectueusement,
radieuse.
Je vais
tout de suite en choisir un autre, dit-elle. Veux-tu que je t'aide
à déplacer celui-là ?
Non, ça
ira
dis-je.
Elle sortit bientôt. Heureusement
qu'elle n'avait pas insisté
Car le tapis lui aurait semblé
bien lourd. Que voulez-vous ?
surchargé du redoutable
poids d'un scélérat qui voulait outrepasser la loi
d'Awadah
faire connaître ailleurs qu'une nouvelle ville
existait dans les sables, et prendre de la monnaie de-ci de-là,
par-ci par-là, avec outrecuidance. Non monsieur
Awadah
n'est qu'un mirage
pourquoi pas parler du califat d'Hélios,
pendant que vous y êtes !
Awadah n'est accessible qu'aux
gens qui ont de la grandeur, et il m'a semblé que vous en
manquiez. Mais peut-être ai-je pu me tromper
l'erreur
est humaine
mais il est trop tard maintenant
Eh bien, on l'avait échappé
belle ! Cet oiseau de malheur avait dupé tous nos amis du
désert, et en voulait encore à notre bonheur. Naturellement,
ce n'était pas chouette d'aider les gens à trépasser.
Mais ne croyez-vous pas qu'il l'avait un peu cherché ?!
Je le ficelai comme il faut, que dis-je
des nuds gordiens
roulai le fatigué kilim vers
une remise, et allai chercher Ghazala.
Lorsqu'elle vit le tapis, elle ne
put s'empêcher d'aller renifler l'intrus. Puis manifesta une
mine quelque peu dégoûtée
; on n'avait
pu la guérir totalement de ses sentiments xénophobes
! Elle s'empressa pourtant de me rendre ce petit service.
|
| Un
septième extrait Dialogues
/ pages 172-174 |
|
|
Mais elle t'est déjà donnée, puisque je suis
là en laissant Pierred engranger les trésors à
notre place.
Ce
n'est pas suffisant.
Tu
es bien exigeante aujourd'hui.
Je
dois suivre la loi du califat d'Hélios, continua-t-elle.
Mais
tout le monde doit suivre la loi du califat d'Hélios. Ici tout est permis, c'est bien connu, sauf ce qui est interdit.
Et pour savoir ce qui est interdit, il faut consulter les oracles
intérieurs.
Tu
te moques de moi !
Pas
de la fille d'Awad quand même.
Eh
bien, si tu veux que je reste la fille du calife, tu dois tuer Pierred
: ce sera la preuve de ton amour pour moi.
Mais
tu es folle ! Tuer Pierred ?!
Si
tu refuses, tu n'as pas de cur. Car Père m'a demandé
de choisir entre Pierred et toi. Et je ne peux condamner un homme
que j'aime. Une fois mort, on veillera tous deux sur son souvenir
qui nous sera encore plus cher.
J'avoue que quelque chose m'échappait
dans son raisonnement. Bien évidemment, j'avais beaucoup
progressé, mais je n'étais pas encore habitué
à tant de subtilité. Je vous en parlai d'ailleurs
auparavant
la richesse du califat d'Hélios
savoir engranger le bonheur
le bonheur de pleurer un ami commun
le bonheur de gagner l'amour de la princesse, le bonheur de ne plus
enfreindre la loi du califat d'Hélios. C'était
divin !
Je ne sais ce qui me prit
je
la giflai.
Tu
acceptes, me dit-elle.
Et elle me sauta au cou.
Si vous comprenez, vous m'expliquerez
Il y a dans le comportement féminin certaines données
que je n'ai, jusqu'à ce jour, encore réussi à
décrypter
*
Plus
tard, elle me fit savoir qu'elle me fournirait, le moment venu,
l'arme adéquate. Comme cela ne servait à rien de la
braquer systématiquement, je la laissai faire, me disant
qu'il serait toujours temps de m'adapter à la situation.
Je comptai aussi sur un possible et probable revirement d'Amina,
se rendant compte soudain du grotesque de la situation.
|
| Un
huitième extrait Dialogues
pages 203-205 |
|
|
J'essayai
de m'associer à son incommensurable chagrin d'avoir perdu
sa princesse.
Allah
est grand, dis-je, et c'est sa volonté, croyant avoir ainsi
la formule miracle qui permettrait à Warda de reprendre ses
esprits.
Allah n'a
pas demandé que la princesse soit emprisonnée.
Je me demandai à cet instant si Warda
était même au courant du décès d'Amina.
Peut-être lui avait-on épargné un cruel chagrin
en inventant je ne sais quelle histoire pour justifier l'absence
de la fille du calife
Et maintenant, sa servante perdait la
tête, car elle ne devait pas être dupe, et lasse d'avaler
des couleuvres. Aussi préférais-je lui assener la
vérité toute crue :
Amina est
morte, Warda, et enterrée dans les jardins du palais.
Ce qu'elle me dit alors, me laissa carrément
pantois et presque sans voix
Oui, je
sais
J'étais là, cachée parmi les ballots
de peaux, quand vous lui avez tiré dessus, vous-même
et votre ami Jerry. J'ai tout vu
Que voulait cet oiseau de mauvais augure ? Faire
du chantage !
Il fallait que je la convainquisse de notre
innocence
Je sais
je sais
continua-t-elle, que vous ne l'avez pas tuée,
que vos pistolets n'étaient pas chargés, ou avec des
balles qui ne font guère de mal.
Ah, vous
avez vu !
on est innocents ! m'écriai-je. D'autres
ont voulu nous tuer (je préférais saisir au vol l'hypothèse
de Jerry) et c'est notre pauvre Amina qui, s'interposant entre nous
deux, a tout pris dans la poitrine !
Personne
ne voulait vous tuer, bien au contraire. C'est moi-même qui
suis allé prévenir notre seigneur Awad que sa fille
mettait ses amis étrangers en grand danger. Car elle m'avait
parlé de sa résolution
Je n'en croyais pas mes oreilles !
Et alors
?
Le calife
était furieux. Il m'a remerciée de cette information.
Et alors
?
Il m'a récompensée.
Et alors
?
Ses sbires
sont arrivés. J'ai tout vu, tout entendu
Pour remettre
de l'ordre, qu'ils disaient. Ce sont eux qui ont tiré sur
la princesse. C'était horrible
Avez-vous vu tout ce
sang ?!
Je me serais bien passé de revoir la scène,
tant elle me secouait encore.
Tout ce
sang de notre princesse, reprit-elle, étalé là
en une vulgaire flaque. S'il y avait eu des bêtes, elles l'auraient
peut-être lapé !
Je reconnais
que c'était bien horrible
Et vous
vous êtes enfuis comme des voleurs, comme des renégats,
laissant votre femme, votre amie
à l'agonie !
J'aurais aimé qu'elle ne me rappelât
nullement ce point de détail qui, une fois n'est pas coutume,
n'était guère à notre honneur.
Nous avions
pensé qu'elle était décédée
Et une femme, sur place, nous accusait déjà d'en être
les assassins
Et puis
Elle me coupa.
Et puis
rien
Maintenant, écoutez-moi
Deux hommes ont
soudain fait irruption
" Elle a sa dose ! " dirent-ils.
" On peut facilement l'emmener où l'on nous a dit, avant
qu'elle se réveille
Génial, ces balles factices
!
et toute cette hémoglobine !
on croirait un
vrai meurtre
".
Mais alors
Et ce n'est
pas tout
Ils ont encore dit : "
en tout cas, les
étrangers n'y ont vu que du feu !
Fameuse, l'idée
du calife !
" . Ils ont ensuite emmené la princesse
J'ai essayé de les suivre de loin, mais comme ils étaient
en vaisseaux, je les ai perdus de vue.
Alors Amina
n'est pas morte ?
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